« La Promesse de la Terre, selon les rabbins, doit s’accomplir par le Messie, miraculeusement et surnaturellement, sans armes et sans guerre, avec l’accord de toutes les nations intéressées »
Emmanuel LEVYNE Revue TSEDEK nov. 68

Les antisionistes juifs religieux contre la création d’Israël

Neturei Karta

Neturei Karta

Il faut quand même souligner ici, que certains Juifs religieux, profondément antisionistes, condamnent au nom de leur foi en Dieu la création d’un Etat juif, aussi bien dans le passé que dans le présent, et ils s’érigent avec des accents mystiques d’une violence extrême contre les pratiques « génocidaires » de leurs coreligionnaires

Après la victoire « miraculeuse » de la guerre, nous avons pu faire la découverte des juifs résolument antisionistes à travers une revue le TSEDEK, nous nous contenterons de citer cet article, cette profession de foi que nous ferons suivre d’une des dernières prise de position des juifs anti-sioniste

« La Promesse de la Terre, selon les rabbins, doit s’accomplir par le Messie, miraculeusement et surnaturellement, sans armes et sans guerre, avec l’accord de toutes les nations intéressées. Je veux bien de la Promesse d’une Terre mais non d’une Terre arrosée du sang des pauvres et des innocents …. Je rejette l’Etat d’Israël – la souveraineté des hommes – parce que j’ai choisi la souveraineté de l’Eternel, qui seule est juste et peut être une source de bonheur et de paix pour l’humanité. Car comme l’a dit si bien Nicolas Berdiaeaeff, Dieu est humain, mais l’homme est inhumain ; et tout humanisme athée dégénère toujours et se métamorphose en antihumanisme. Comme nous le disons dans nos prières juives quotidiennes : « Nous n’avons pas d’autre souverain qui délivre et qui sauve que Toi l’Eternel ».L’Etat d’Israël, comme tout Etat, prétend le contraire, il contredit l’Eternel et le nie, c’est pourquoi je ne puis affirmer Dieu et ma foi juive sans lui dire : non… Les Etats Unis sont une nation agressive et exterminatrice de naissance, de nature. Comme Israël, dont les ancêtres ont déjà une première fois exterminé les peuples palestiniens – les cananéens – pour se constituer en nation et en Etat. Comme les Etats Unis nous n’avons acquis le droit à l’existence, que nation souveraine, qu’en supprimant ce droit à d’autres peuples. Après deux mille ans d’exil qui nous avaient purifié de ce crime national…. voici que nous recommençons de plus belle…. Les Palestiniens sont absolument innocents, ils paient les crimes et les fautes des Européens et des Occidentaux. Ils sont crucifiés pour les péchés, dont nous ne sommes pas exempts….» (Emmanuel LEVYNE Revue TSEDEK nov. 68)).

Ce que le sionisme aurait dû être selon Martin Buber !

Martin BUBER

Martin BUBER

Le premier point est qu’au moment où nous avons conclu une alliance avec un Etat européen auquel nous avions octroyé le droit de gouverner la Palestine, nous n’essayèrent même pas de parvenir à un accord avec les Arabes de ce pays sur les conditions de l’implantation juive et du cadre dans lequel elle pouvait se poursuivre. En conséquence de cette approche négative, les Arabes, qui s’en rendaient compte et qui s’inquiétaient de l’avenir de leur peuple, nous considérèrent de plus en plus, non pas comme un groupe désireux de vivre en coopération avec eux, mais comme des personnes qui n’avaient pas été invitées et comme des agents défendant des intérêts étrangers.

Le deuxième point est que nous avons occupé le s postes-clé de l’économie de ce pays sans offrir de compensation à la population arabe, ce qui veut dire que nous n’avons pas permis à leur capital et à leur travail de prendre une part active dans notre économie. Payer les achats de terre à de gros propriétaires terriens ou indemniser les locataires de ces terres n’est pas la même chose que dédommager tout un peuple. C’est pourquoi, un grand nombre d’Arabes, parmi les plus prévenants, considérèrent la progression de la colonisation juive comme une sorte de complot destiné à déposséder leurs générations futures de la terre nécessaire à leur subsistance et à leur développement. Il n’y a qu’avec une politique économique compréhensive et forte, destinée à organiser et à développer des intérêts communs, qu’il eut été possible de contrer ce point de vue et ses inévitables conséquences. Ce n’est pas ce que nous avons fait.

Le troisième point est que lorsque la possibilité survint que le Mandat [britannique] prendrait bientôt fin, non seulement nous n’avons pas proposé à la population arabe de le remplacer par une administration conjointe juive et arabe, mais nous avons foncé et exigé de diriger seuls l’ensemble du pays (le programme Baltimore), comme suite politique appropriée aux acquis que nous avions déjà réalisés. En procédant ainsi, nous avons fourni nous-mêmes à nos ennemis du camp arabe l’aide et le réconfort les plus précieux – le soutien de l’opinion publique – sans lequel l’attaque militaire n’aurait pu être lancée contre nous. Ainsi apparaît-il maintenant à la population arabe qu’en poursuivant les activités dans lesquelles nous nous sommes engagés depuis des années, l’acquisition de terres et le développement du pays, nous préparions le terrain pour prendre le contrôle de tout le pays.( Martin Buber, cited « A Land of Two Peoples » Ed. Mendes-Flohr.) (cf. Wikipédia)

Remarques (ndlr)

Ces dernières considérations, reprises en chœur par nos apôtres trotskistes qui militent pour la « réconciliation et la paix »nous apparaissent d’une naïveté politique assez sidérante.. De fait, que ce soit le sionisme selon Herzl ou selon Buber, la colonisation de la Palestinene pouvait qu’aboutir, comme toute colonisation structurée autour d’un «Projet» comme celui de la mise en place d’un « Foyer Juif » qu’à la mise à l’écart du « peuple de Palestine », à son extermination programmée, de toute évidence, du Mythe biblique d’un RETOUR des Juifs à Jérusalem

Charte du Réseau International Juif Antisioniste IJAN

IJANLe Réseau juif antisioniste international ((International Jewish anti-Zionist Network, IJAN) annonce sa création cette semaine, par un mois d’actions et d’événements dans au moins 8 pays, et rend publique sa charte fondatrice.’

Charte du réseau international juif anti-sioniste IJAN International Jewish Anti-Zionist Network

Nous formons un réseau international de Juifs et de Juives qui s’engagent de façon inconditionnelle en faveur de la lutte pour l’émancipation des êtres humains. Nous considérons que la libération du peuple palestinien et de sa terre forme un volet essentiel de cette émancipation. Notre engagement porte sur le démantèlement du régime d’apartheid israélien, le retour des réfugiés palestiniens et la fin de la colonisation israélienne surla Palestinehistorique.

Le nettoyage ethnique historique et toujours en cours perpétré par Israël à l’encontre du peuple palestinien sur sa propre terre vient contredire et trahir cette longue histoire de la participation juive à des mouvements collectifs de libération.

Le sionisme – idéologie fondatrice de l’Etat d’Israël et qui en est le soutien actuel, est issu du colonialisme européen et s’est diffusé à la suite du génocide nazi. Le sionisme s’est nourri des épisodes les plus violents et oppressifs de l’histoire du dix neuvième siècle, marginalisant ainsi l’engagement de nombreux Juifs dans les mouvements de libération. Pour retrouver une place au sein des vibrants mouvements populaires actuels, il faut mettre fin au sionisme sous toutes ses formes

En conséquence, le sionisme nous implique dans l’oppression du peuple palestinien et porte préjudice à notre propre héritage, à nos luttes pour la justice et à nos alliances avec nos semblables.
Nous nous engageons à : Nous opposer au sionisme et à l’État d’Israël Le sionisme est raciste. Il exige l’allégeance à un ordre politique, juridique et économique qui privilégie et valorise les Juifs ainsi que les Européens et leurs cultures par rapport aux peuples autochtones et à leurs cultures. Le sionisme n’est pas seulement raciste, il est aussi antisémite. Il reprend à son compte l’imagerie européenne et antisémite du « Juif de la diaspora » efféminé, cupide et faible, et y lui oppose celle d’un « Nouveau Juif », violent, militariste et sexiste, un Juif qui est l’auteur d’une violence raciale plutôt que d’en être une victime.

Le sionisme perpétue l’exception juive. Pour justifier ses crimes, le sionisme présente une version de l’histoire juive déconnectée de l’histoire et de l’expérience d’autres peuples. Il promeut un narratif selon lequel l’holocauste nazi est exceptionnel dans l’histoire de l’humanité. Il place les Juifs à part, par rapport aux victimes et aux survivants d’autres génocides, au lieu de nous unir à eux.

Le sionisme prétend que la sécurité des Juifs repose sur un état juif militarisé. Mais Israël ne met pas les Juifs en sécurité. Sa violence garantit l’instabilité et la peur pour ceux qui sont sous sa sphère d’influence, et met en danger la sécurité de tous, y compris des Juifs, et ce bien au-delà de ses frontières. Le sionisme a volontairement participé à créer les conditions qui ont conduit à la violence à l’encontre des Juifs dans les pays arabes. L’hostilité née de la violence israélienne et de la domination militaire sur les Juifs vivant en Israël et ailleurs est utilisée pour justifier encore plus de violence sioniste.

Nous nous engageons à : Rejeter l’héritage colonial et l’expansion colonialiste en cours. Dès l’instant où le mouvement sioniste a décidé de bâtir un état juif en Palestine, il est devenu un mouvement de conquête. A l’instar de tous les mouvements de conquête et des idéologies colonialistes en Amérique ou en Afrique, le sionisme s’appuie sur la ségrégation entre les peuples ; par la confiscation de la terre, il s’engage dans le nettoyage ethnique qui repose sur une violence militaire implacable.

Nous nous engageons à : Nous opposer aux organisations sionistes. Non content de donner forme à l’Etat d’Israël, le sionisme a fondé sa politique internationale de domination militaire et d’hostilité envers ses voisins et a instauré un réseau mondial complexe d’organisations, de lobbys politiques, d’entreprises de relations publiques, de clubs universitaires, et d’écoles pour appuyer et propager les idées sionistes au sein des communautés juives et dans l’opinion publique de façon générale.

Un réseau international d’institutions et d’organisations sionistes appuie l’armée israélienne par des financements directs. De plus, ces organisations fournissent un soutien politique nécessaire à la légitimation et à la promotion de leurs visées politiques et de leurs projets humanitaires. Dans certains pays, ces organisations censurent toute critique envers Israël et ciblent des individus et des organisations qui sont mis sur listes noires et sont victimes de violences, d’emprisonnement, de déportation, de privation d’emploi et d’autres sanctions économiques.

Ces organisations diffusent l’islamo phobie. Agitant l’épouvantail de la guerre à l’étranger, elles instaurent une législation répressive dans leurs propres pays. Aux Etats-Unis et au Canada les groupes sionistes ont aidé à faire passer la législation « antiterroriste », exposant ainsi à des poursuites judiciaires pour aide au terrorisme et trahison, toute activité favorable au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël ainsi que le soutien aux organisations palestiniennes, iraniennes, iraquiennes, libanaises et musulmanes. En Europe et aux Etats-Unis, des groupes soit disant « juifs » sont désormais au premier rang de l’appel à la guerre contre l’Iran.

Mais l’édifice sioniste et celui de la suprématie mondiale des Etats-Unis se fissurent. A la suite de l’extraordinaire résistance dela Palestineet du Sud Liban à l’agression et à l’occupation israélienne et américaine, qui ont tenu en dépit de ressources limitées et de nombreuses trahisons, le mouvement international de solidarité avec les Palestiniens en lutte contre la politique des USA et d’Israël prend de l’élan.

En Israël, cet élan est visible dans une contestation croissante qui ouvre la voie à la revendication d’un double héritage des années 60 celui du Matzpen, organisation israélo-palestinienne, juive et antisioniste et celui du parti Mizrahi des Panthères Noires. Plus largement, le refus de la conscription obligatoire dans l’armée israélienne est croissant dans la jeunesse.

La propagande de la guerre occidentale contre le terrorisme sert de caisse de résonance à l’islamo phobie de l’élite indienne et fournit aux régimes du Moyen Orient et de l’Asie du Sud-ouest une opportunité pour réprimer sévèrement toute dissidence. Malgré cela, des soulèvements populaires et des chapitres glorieux des luttes anti-coloniales remettent en question cette alliance et devraient lui porter un coup fatal.

Nous nous engageons à : Etre solidaires et à travailler pour l’apaisement et la justice. Nous sommes engagés aux côtés du peuple palestinien pour sa libération et son autodétermination. De tout notre cœur, notre volonté et notre énergie politique nous soutenons la résistance du peuple palestinien dans toute sa diversité et sa vaillance et nous faisons front à l’injustice dont sont coupables les pays où nous vivons.

Nous soutenons sans équivoque le Droit au Retour des Palestiniens sur leur terre. Nous appelons à l’abrogation du droit au retour raciste israélien qui privilégie le droit de toute personne se déclarant juive de s’installer en Palestine tout en privant les réfugiés palestiniens de ce droit.

Nous nous engageons à soutenir la justice pour guérir les blessures infligées par la force et par le droit colonial en Palestine et dans l’ensemble de la région ; pour guérir les traumatismes qu’ont subi les Juifs en Europe et dont se sert le projet sioniste, pour guérir les peurs et privations endurées dans des massacres au fil des années ainsi que les manipulations de la culture et des ressources exercées dans le but d’exploiter les Juifs Mizrahi et de les séparer des Palestiniens.

La justice pour laquelle nous travaillons est à construire par ceux, partout en Palestine, y compris en Israël et par les réfugiés palestiniens, dont la lutte pour l’autodétermination leur apportera l’égalité et la liberté ainsi qu’aux autres habitants des alentours.

Nous vous appelons à nous rejoindre. Ces engagements nécessitent la construction d’un mouvement juif uni à l’échelle internationale, qui s’oppose au sionisme et à sa volonté de vouloir parler au nom de tous les Juifs. Face à un adversaire international il ne suffit pas de travailler au niveau local, ni au niveau national. Nous devons trouver des moyens d’agir ensemble par delà les frontières géographiques, sectorielles et linguistiques. Il y a place pour toutes sortes d’initiatives et d’organisations, existantes ou nouvelles, qui puissent travailler en toute indépendance et conjointement, en soutien mutuel et en collaboration.

Etes-vous contre le racisme sous toutes ses formes ? Alors, nous vous appelons à nous rejoindre pour mettre fin à l’apartheid israélien.

Pour que sur cette planète on puisse vivre dans la sécurité, la justice et la paix, il faut mettre fin au projet colonial israélien. C’est avec joie que nous nous lançons dans le travail de sape collective d’un système de conquête et de destruction qui a fait souffrir notre monde pendant trop longtemps.

Remarques (ndlr)

La posture des Juifs antisionistes radicaux énoncée ci dessus est, d’une certaine façon, en porte à faux avec ce que nous disions des relations entre le judaïsme et le sionisme En réalité, cette posture est le résultat d’un travail d’exégèse herméneutique qui fait que l’homme religieux renonce au pouvoir temporel pour se consacrer à sa méditation transcendantale

Cette séparation a été, sans doute une première fois introduite par le Christ qui annonce que : « Son Royaume n’est pas de ce monde », contrairement aux pharisiens qui tenaient à une interprétation littérale des textes bibliques, et espéraient se libérer du joug des Romains par l’Avènement du Messie qui viendrait rétablir Israël dans sa Gloire passée.

Il importe aussi de souligner l’existence d’une communauté de juifs religieux anti sioniste en Iran qui s’est réunie en 2009 pour dénoncer Israël, elle est même allée selon certains, non seulement à emboîter le pas à Ahmadinejad mais à se lancer dans des « considérations négationnistes » , selon certains militants qui se disent antisionistes comme Warschawski, qui tient , avec sa famille, à rester en Israël où il s’est installé pour y prêcher la « Bonne Nouvelle » On peut remarquer, avec un certain « amusement » que cette importante communauté juive qui vit actuellement en Iran, en bonne entente avec le régime en place, s’inscrit bien dans cette sagesse qui s’oppose aux pharisiens, ces docteurs de la Loi, et qui dit tout simplement : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »,

Autres critiques intéressantes

rabbin Moshe HIRSCH de Jérusalem (Neturei Karta)

rabbin Moshe HIRSCH de Jérusalem (Neturei Karta)

Dans un article paru dans le Washington Post du 3 octobre 1978, il est rapporté que le Rabbin Hirsch (de Jérusalem) a déclaré : ‘le 12ème principe de notre croyance, il me semble, est que le Messie rassemblera les Juifs exilés qui ont été dispersés dans toutes les nations du monde. Le sioniste est diamétralement opposé au judaïsme. Le sionisme veut faire du peuple juif une entité nationaliste. Les sionistes disent en fait : ‘Dieu, regarde donc ! Nous n’aimons pas l’exil. Fais-nous revenir, et si tu ne le fais pas, nous retrousserons nos manches et nous reviendrons par nous-mêmes.’ Le rabbin poursuit : ‘cela, bien sûr, est une hérésie. Le peuple juif est lié par le serment Divin de ne pas retourner à la Terre Sainte contre le gré de ceux qui y résident. »

Une patrie juive en Palestine, bâtie à l’aide des baïonnettes et de l’oppression, n’en vaut pas la peine, même si cela finit par réussir, tandis que la tentative même de la bâtir pacifiquement, en coopération, avec compréhension, bienséance et bonne volonté, en vaut vraiment la peine, même si cela devait échouer.

Albert Einstein

 Albert_Einstein_Head‘Je préférerais de beaucoup qu’un accord raisonnable ait lieu avec les Arabes sur le principe de vivre ensemble dans la paix plutôt que d’assister à la création d’un Etat hébreu. Mis à part certaines considérations d’ordre pratique, la conscience que j’ai de la nature fondamentale du judaïsme s’oppose à l’idée d’un Etat hébreu, avec des frontières, une armée et une certaine puissance temporelle, même la plus modeste. Ma crainte est que le judaïsme ne subisse des dommages de l’intérieur’

Erich Fromm

imgres‘En matière de loi internationale, le principe est établi qu’aucun citoyen ne peut être privé de sa propriété ou de ses droits à la citoyenneté ; et le droit à la citoyenneté est de facto, en Israël, un droit bien plus légitime pour les Arabes que pour les Juifs. Juste parce que les Arabes ont fui ? Depuis quand cela est-il puni par la confiscation de sa propriété et par l’interdiction de retourner sur la terre où ses ancêtres ont vécu pendant des générations ? Voilà pourquoi la prétention des Juifs à la terre d’Israël ne peut être une revendication légitime. Si toutes les nations revendiquaient subitement les territoires où leurs ancêtres avaient vécu deux mille ans auparavant, le monde dans lequel nous vivons serait un asile de fous… Je pense que, politiquement parlant, il n’y a qu’une seule solution pour Israël, et cette solution est de reconnaître unilatéralement aux Arabes le droit à avoir un Etat – pas comme argument en vue d’un quelconque marchandage, mais en tant qu’obligation morale absolue de l’Etat israélien envers les habitants d’origine de la Palestine

Paroles prophétiques de Martin Buber

imgres‘Seule une révolution intérieure donnera la force nécessaire à notre peuple pour sortir de sa folie meurtrière, basée sur une haine irrationnelle… Elle finira par nous détruire entièrement. Et seulement alors, les jeunes et les vieux de notre pays réaliseront combien fut immense notre responsabilité envers ces misérables réfugiés arabes ; envers ceux dont nous avons pris les villes pour y installer des Juifs qui furent amenés de très loin, dont nous avons hérité les maisons, dont nous labourons et récoltons les champs, dont nous ramassons les fruits de leurs jardins, de leurs vergers et de leurs vignes, et dont nous avons volé les villes pour y édifier des lieux d’éducation, de charité et de prière, alors que nous pérorons et nous enflammons sur le fait que nous sommes le ‘Peuple élu’ et ‘la Lumière des nations’

Les Antisionistes,

« ex sionistes de gauche », (plus précisément partisans des théories de Martin Buber) militant aujourd’hui pour la paix : Stambul, Warschawski, ou préconisant même la « destruction d’Israël » : Gilad Atzmon et même Avram Burg

On peut aussi noter que certains Juifs, autrefois sionistes patentés, comme Avram Burg, ancien directeur du Fonds National Juif, prenant conscience des dégâts causés par Israël se sont « convertis » à l’antisionisme que pendant très longtemps, jusqu’à une date récente, ils considéraient comme de l’antisémitisme.

Ces nouveaux antisionistes ce sont constitués comme tels après les espoirs déçus d’une paix annoncée avec les « Accords d’Oslo » et les différentes « Feuilles de Route »

Ayant été confronté à ce genre de situation, il m’a paru intéressant de faire quelques remarques, non point tant pour « épingler » les personnes en question, en l’occurrence Avram Burg et Pierre Stambul, mais pour regretter que ces « conversions » viennent si tard, je crains même trop tard, malgré l’optimisme affiché par Avram Burg dans l’interview intitulé : « Abandonner le sionisme » qui nous vient cinq ans après sa « Lettre à mes amis palestiniens. » citée ci dessous

Nous profitons de l’occasion pour revenir sur ce « nouvel antisionisme » en analysant les rapports ambigus qu’entretiennent certains de ces militants pour la paix avecla Résistancedu peuple de Palestine.

Mais avant d’aborder cet épineux problème il nous est apparu comme essentiel de rendre compte du parcours d’Avraham Burg, parcours exemplaire d’une prise de conscience que le sionisme a fait choux blanc et qu’il serait temps d’en tirer les conséquences

1) Avram BURG : Un parcours (Revue AFPS)

avraham_burgLettre à mes amis palestiniens

Mon curriculum vitae n’a rien de secret. Ma mère est née à Hébron en 1921, septième génération de juifs de Hébron. Je suis la huitième génération. Le lien profond qui rattache ma famille à la cité des Patriarches a été durement atteint en été 1929, quand des émeutiers qui scandaient « mort aux Juifs » ont massacré la moitié de ma famille. Et l’autre moitié ? Mon grand-père, mes oncles et tantes, et ma mère ont été sauvés par leur propriétaire arabe. Depuis, ma famille est divisée en deux. Une moitié ne fera plus jamais confiance à un Palestinien. L’autre moitié n’arrêtera jamais de rechercher des voisins avec lesquels faire la paix.

J’ai le droit au retour, dans la ville où est née ma mère, et d’où elle a été chassée. Je ne renoncerai jamais à ce droit, mais je n’ai aucune intention de l’exercer, parce qu’outre mes titres de propriété, j’ai aussi le devoir de créer une vie libérée d’une mort et d’un conflit sans fin. Le droit à la vie de mes enfants et des enfants de Hébron prend le pas sur le droit de se massacrer mutuellement sur l’autel de la terre.

Il y a un mois, j’ai publié un article douloureux dans le quotidien le plus diffusé en Israël. Il finissait par ces mots : « Ce qu’il faut, ce n’est pas le renversement politique du gouvernement Sharon, mais une vision d’espoir, une alternative à la destruction du sionisme et de ses valeurs par les sourds, les muets et les insensibles. »

Depuis, on ne cesse de m’interroger : Que dites-vous à vos amis arabes ?

Puisque nous sommes mutuellement le reflet de l’image de l’autre, quand je m’attaque à ma propre réalité nationale, j’ai le devoir de vous dire ce que je pense de ce qui se passe chez vous. Je suis en colère. Je suis fou de rage. Je vois mes rêves et ceux de mes amis juifs et arabes se consumer dans les flammes de l’extrémisme. Ce sont des flammes qui nous lèchent éternellement, ici au Moyen-Orient, des flammes dont je pensais que l’onde de la paix les aurait éteintes, mais dont j’observe qu’elles s’élèvent et consument tout : les maisons, les corps, les rêves. Je vous en veux, à vous et aux terribles interprétations que vous permettez à trop de vos mentors religieux d’imposer au nom de Dieu. Mais j’ai fait un voeu. Je ne laisserai pas ma colère devenir ma conseillère. Je ne ferai pas de la vengeance une politique. Je ne haïrai pas. Et donc, je continuerai à croire. Naïvement ? Non, je croirai, je prierai, et je resterai sur mes gardes.

Et voici ce en quoi je crois : tout accord futur sera fondé sur les principes du compromis territorial. Quel est ce compromis ? Un compromis territorial n’est pas seulement un contrat immobilier. C’est une décision spirituelle prise par des peuples pour s’accepter mutuellement malgré des années d’hostilité et des puits de haine et de vengeance. Un compromis comme celui-là doit d’abord se faire entre une nation et elle-même. Je crois, avec une foi absolue, que la Terre d’Israël m’appartient. Ainsi est-il écrit dans la Bible, ainsi me l’ont appris ma mère de Hébron, à moi et à ses petits-enfants. Et je sais que le rêve d’une Grande Palestine se transmet de grand-père à petits-enfants dans tous les foyers de Palestine. Le premier compromis doit donc se faire entre moi et mon rêve. Je fais ce compromis avec ce rêve de retourner à Hébron, afin de pouvoir vivre libre dans le nouvel Israël. Et mon frère palestinien doit renoncer a son rêve de retourner à Jaffa afin de vivre une vie à Naplouse dans l’honneur et la dignité. Seuls ceux qui sont capables de faire des compromis avec leurs rêves peuvent s’asseoir ensemble et bâtir un compromis au nom de leur nation.

Jusqu’à présent, vous avez servi d’éternelle excuse à tous les échecs des régimes arabes. Les réfugiés sont laissés à l’abandon en Syrie et au Liban, et pas de notre fait. Ces 50 dernières années, Israël a absorbé des foules de réfugies venus du monde entier sans rien attendre de personne. La plupart des Etats arabes n’ont pas levé le petit doigt pour les réfugies palestiniens. Beaucoup ont jugé utile de préserver votre rage et votre humiliation. Ils savent que dès l’instant où l’indépendance dela Palestinesera déclarée, la face du monde arabe et musulman en sera changée, au point où l’on ne la reconnaîtra plus.

Un chercheur palestinien éminent m’a dit un jour que, si les Palestiniens s’opposent durement à Israël sur quasiment tous les plans, il y en a un où les Palestiniens souhaitent ressembler aux Israéliens, et c’est notre démocratie. Je sais que 35 années d’occupation vous ont frappées, comme elles nous ont frappés. Mais ces années de malheur auront donné naissance à une bonne chose : la réelle possibilité d’une première démocratie arabe.

Les forces de la démocratie, israéliennes et palestiniennes, ont face à eux une alliance d’autocrates corrompus et de théocrates intrigants, qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la lumière de la démocratie de diffuser ses rayons d’espoir. Les démocraties sont plus riches, plus libres, et, plus important, bâties sur l’espoir et non sur la peur. Et ce qu’ils craignent avant tout est une société palestinienne sans peur.

Voilà la vraie décision à laquelle vous êtes confrontés. Jusqu’aujourd’hui, vous avez été exploités par tout le monde : les Etats arabes, les extrémistes islamistes, Israël, et vos propres dirigeants corrompus. Vous avez aujourd’hui l’occasion de prendre le destin palestinien entre vos mains. La transition de l’oppression à la libération nationale n’a rien de facile.

Parce que le monde ne m’offrira pas la sécurité tant qu’il ne vous l’offrira pas, je voudrais partager avec vous l’expérience historique de mon peuple. Durant des milliers d’années d’exil, nous avons été faibles, et avons agi selon les règles du faible. Et le monde, en particulier le monde chrétien, a aimé notre faiblesse. Notre faiblesse a symbolisé leur force, notre défaite leur victoire. Mais, en un moment historique, le mouvement sioniste est apparu, le mouvement de la renaissance nationale juive, et a pris le sort de notre peuple entre ses mains. Une direction courageuse et honnête a conduit son peuple opprimé à des réussites presque inimaginables. En un moment historique, nous avons décide d’arrêter d’être faibles, et la nature de notre dialogue avec la famille des nations s’en est trouvée changer du tout au tout ;

Jusqu’a présent, vous avez sanctifié votre image de faibles, alors que vous auriez pu être forts. Cette voie ne vous mènera nulle part. Imaginons que tout est fait : Israël a quitté les territoires, il n’y a plus de colonies, et un Etat palestinien internationalement reconnu a été crée, avec Jérusalem Est pour capitale. Comment vous comporteriez-vous ? Quel serait le caractère de cet Etat ? Quel rôle joueriez-vous dans le concert des nations ?

A en juger aujourd’hui, vous allez vers un échec massif : un Etat palestinien qui sera le plus neuf des Etats du monde, mais rétrograde dans ses valeurs et incapable de remplir la grande mission de votre peuple.

J’entends les cris de joie quand un kamikaze accomplit son horrible tâche. Je vois le bonheur, mi tu, mi exprimé, qui fait son chemin à travers le désespoir quand un shahids arrive à s’en remettre au ciel et laisse derrière lui une traînée de veuves et d’orphelins israéliens. Je connais votre argument : vous n’avez ni hélicoptères ni avions de combat, et les kamikazes sont votre arme stratégique à vous. C’est votre vérité. Eh bien, voici la mienne : le kamikaze s’offre et m’offre en sacrifice à un faux dieu. Le vrai Dieu hait qu’on tue. Les attentats a la bombe ne laissent derrière eux que blessures et cicatrices. Personne au monde, même pas les plus ardents défenseurs de la cause palestinienne, n’accepte cette arme de suicide. C’est une arme de monstres, non de combattants pour la liberté. Et tant que vous ne la rejetterez pas de votre sein, elle et ceux qui la permettent, vous n’aurez pas de partenaire de mon cote, ni moi, ni personne d’autre.

Et que se passera-t-il alors, quand nous serons partis et qu’apparaîtront à la surface les grands débats sur le caractère de votre Etat ? Religieux ou moderne, islamique ou laïque ? Comment ces questions seront-elles résolues ? Je suis prêt à parier dès aujourd’hui : il y aura des kamikazes. Le Hamas essaiera d’influer par la force sur ces décisions, par les moyens qu’il connaît.

Ce qui est bon pour Israël, c’est de renoncer au rêve du Grand Israël, de démanteler les colonies, de quitter les territoires et de vivre en paix aux cotes d’un Etat palestinien, de combattre la corruption et de diriger toute son énergie vers l’intérieur, vers la société israélienne.

Et pour vous ? Pareil. Renoncer au fantasme de nous chasser d’ici et de retourner dans vos villages qui pour la plupart n’existent plus. Combattre la corruption qui vous détruit de l’intérieur, et diriger tous vos talents et toutes vos ressources pour bâtir une société arabe exemplaire : un modèle palestinien qui révolutionnera le monde arabe, apportera une démocratie musulmane a la région, et fera de votre peuple un pont entre l’Orient et l’Occident.

Une histoire venue du fond des ages raconte qu’un sage pouvait répondre à toutes les questions. L’un de ses disciples décida de le piéger. Le disciple attrapa un papillon et le tint dans son poing. Il vint trouver le sage et lui dit : « qu’y a-t-il dans ma main ? un papillon vivant, ou un papillon mort ? » S’il dit vivant, pensait le disciple, je l’écraserai, et s’il dit mort, j’ouvrirai la main et laisserai le papillon révéler l’échec du sage aux yeux du monde. Mais le sage le regarda dans les yeux et dit : « tout est entre tes mains ».

Un avenir de vie ou de mort ? Des enfants avec de l’espoir ou du désespoir ? une nation palestinienne respectée ou méprisée ? Tout est entre vos mains.

* Avraham Burg a été président dela Knessetde1999 a2003.Ancien président de l’Agence Juive, il est actuellement député du Parti travailliste.

 

« Nous sommes déjà morts »
Avraham Burg attaque l’Etat juif, « ghetto sioniste » (CF. Revue AFPS)

Avraham Burg, ancien président du parlement israélien, ne tire plus la sonnette d’alarme. Il estime que c’est trop tard pour Israël : il compare dans le quotidien Haaretz l’état de xénophobie de la société israélienne à celui de l’Allemagne lors de la montée du nazisme. Et il conclut « Nous sommes déjà morts ». »Avoir défini l’Etat d’Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte. Un Etat juif, c’est explosif, c’est de la dynamite. » Ces propos sont ceux de l’ex-président dela Knessetde 1999 à 2003 et ex-président de l’agence juive, Avraham Burg.

M. Burg n’a jamais mâché ses mots, mais, dans un entretien publié vendredi 8 juin dans le quotidien Haaretz, ce politicien reconverti dans les affaires va jusqu’à qualifier Israël, pays qu’il a quitté pour vivre en France, de « ghetto sioniste ». Il considère qu’il est temps de dénoncer la théorie de Théodore Herzl, estimant qu’après la création d’Israël, le sionisme aurait dû être aboli. Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense d’un Etat juif démocratique, il indique : « C’est confortable, c’est sympa, c’est de la guimauve, c’est rétro. Cela donne un sentiment de plénitude, mais c’est de la nitroglycérine. »

Auteur d’un livre, Vaincre Hitler, cet ex-pilier du mouvement pacifiste « La Paix maintenant « envisage de remettre en cause la loi du retour qui permet à tout juif de venir vivre en Israël. Il estime que cette loi est « le miroir de l’image d’Hitler » et « je ne veux pas qu’Hitler définisse mon identité ».

Ce militant du dialogue avec les Palestiniens qualifie la société israélienne de « paranoïaque », pense que « la clôture de séparation procède de cette paranoïa » et s’insurge contre « la xénophobie ». Il constate que « de nombreuses lignes rouges ont été franchies au cours des dernières années ». Il y a, selon lui, « de bonnes chances que la prochaine Knesset interdise les relations sexuelles avec les Arabes. Nous sommes déjà morts mais nous ne le savons pas encore. Tout cela ne marche plus ».

M. Burg compare l’état de la société israélienne à l’encontre des Arabes à celui de l’Allemagne lors de la montée du nazisme, mettant en avant « le caractère central du militarisme dans notre identité. La place des officiers de réserve dans la société. Le nombre d’Israéliens armés dans les rues. Où va cet essaim de gens armés ? Ils disent publiquement « les Arabes dehors ! ».Se définissant comme un citoyen du monde, il qualifie l’occupation dela Cisjordanie « d’Anschluss » et prédit « une explosion sans fin ». Et de conclure : « La réalité israélienne n’est pas excitante, mais les gens ne veulent pas l’admettre. Nous sommes au pied du mur. Demandez à vos amis s’ils sont sûrs que leurs enfants vont vivre ici. Au maximum, 50 % diront oui. Autrement dit, l’élite israélienne est déjà partie, et sans élite, il n’y a pas de nation. »

« Abandonner le ghetto sioniste »

Fils d’un dirigeant historique du Parti national religieux (PNR) et ancien ministre de l’intérieur, Abraham Burg, un juif religieux, n’est pas n’importe qui, explique le journaliste de Haaretz, Ari Shavit, dans un article intitulé « Abandonner le ghetto sioniste » publié le 9 juin. Il a été, après 1982, proche de Shimon Peres, et un des grands espoirs du Parti travailliste. Il a été président de l’Agence juive, président du parlement et candidat à la direction du Parti travailliste. Il vient de publier un livre en Israël qui provoque un scandale, « Defeating Hitler » (Vaincre Hitler). Voici quelques extraits de son entretien avec Ari Shavit qui a été outré par les propos de Burg.

Etes-vous toujours sioniste ?

AB : « Je suis un être humain, je suis un juif et je suis un Israélien. Le sionisme a été un instrument pour me transporter de l’Etat juif à l’Etat d’Israël. C’est Ben Gourion qui déclarait que le mouvement sioniste était l’échafaudage pour construire une maison et que, après l’établissement de l’Etat, il devait disparaître. »

Donc vous confirmez que vous n’êtes plus sioniste ?

AB : « Lors du premier congrès sioniste, c’est le sionisme de Herzl qui a vaincu le sionisme d’Ahad Ha’am. Je pense que le XXIe siècle devrait être le siècle d’Ahad Ha’am. Nous devons abandonner Herzl et passer à Ahad Ha’am. »

Cela signifie-t-il que vous ne trouvez plus la notion d’Etat juif acceptable ?

AB. « Cela ne peut plus fonctionner. Définir l’Etat d’Israël comme un Etat juif est le début de la fin. Un Etat juif, c’est explosif, c’est de la dynamite. »

Est-ce que nous devons abandonner la Loi du retour ?

AB : « Nous devons ouvrir la discussion. La Loi du retour est une loi, elle est une image en miroir d’Hitler. Je ne veux pas qu’Hitler définisse mon identité. »

Interrogé sur le fait qu’il n’est pas seulement un post-sioniste mais aussi un anti-sioniste, il répond :

AB : « Ahad Ha’am a reproché à Herzl que tout son sionisme avait sa source dans l’antisémitisme. Il pensait à autre chose, à Israël comme centre spirituel – ce point de vue n’est pas mort et il est temps qu’il revienne. Notre sionisme de confrontation avec le monde est un désastre. »

Mais ce n’est pas seulement la question sioniste. Votre livre est anti-israélien, au sens le plus profond du terme. C’est un livre dont émane une répugnance à l’égard de l’israélité.

AB : Quand j’étais un enfant, j’étais un juif. Dans le langage qui prévaut ici, un enfant juif. J’allais dans un héder [école religieuse]. D’anciens étudiants de la yeshiva y enseignaient. La langue, les signes, les odeurs, les goûts, les places. Tout. Aujourd’hui, ce n’est pas assez pour moi. Je suis au-delà de l’israélite. Des trois identités qui me constituent – humaine, juive, israélienne – je sens que l’élément israélien me dépossède des deux autres. (…)

Vous dites qu’Israël est un ghetto sioniste, impérialiste, une place brutale qui ne croit qu’en elle-même.

AB : « Regardez la guerre du Liban. Les gens sont revenus du champ de bataille. Des choses ont été accomplies, d’autres ont échoué, il y a eu des révélations. Vous pourriez penser que les gens du centre (mains tream) et même de la droite comprendraient que l’armée voulait gagner et qu’elle n’a pas gagné. Que la force n’est pas la solution. Et puis on a Gaza, et quel est le discours sur Gaza ? Nous allons les écraser, nous allons les éradiquer. Rien n’a changé. Rien. Et ce n’est pas seulement nation contre nation. Regardez les relations entre les gens. Ecoutez les conversations personnelles. Le niveau de violences sur les routes, les déclarations des femmes battues. Regardez l’image d’Israël que renvoie le miroir. »

Vous dites que le problème n’est pas seulement l’occupation. A vos yeux, Israël est une sorte d’horrible mutant.

AB : « L’occupation n’est qu’une petite partie du problème. Israël est une société effrayante. Pour regarder la source de cette obsession de la force et pour l’éradiquer, vous devez affronter les peurs. Et la méta peur, la peur primaire, ce sont les six millions de juifs qui sont morts avec l’holocauste. » (…)

Dans votre livre, nous ne sommes pas seulement des victimes du nazisme. Nous sommes presque des judéo nazis. Vous êtes prudents. Vous ne dites pas qu’Israël est l’Allemagne nazie, mais vous n’en êtes pas loin. Vous dites qu’Israël est dans le stade de l’Allemagne pré nazie.

AB : « Oui. J’ai commencé mon livre par l’endroit le plus triste. Comme un deuil, mais un deuil d’Israël. Alors que j’écrivais, je pensais à un titre : « Hitler a gagné ». Je pensais que tout était perdu. Mais, petit à petit, j’ai découvert que tout n’était pas perdu. Et j’ai découvert mon père comme représentant des juifs allemands, qui était en avance sur son temps. Ces deux thèmes nourrissent mon livre du début à la fin. A la fin, je deviens optimiste et la fin de mon livre est optimiste. »

La fin est peut-être optimiste, mais tout au long du livre vous dressez un signe d’égalité entre Israël et l’Allemagne. Est-ce vraiment justifié ? Y a t il une base suffisante pour cette analogie ?

AB : « Ce n’est pas une science exacte, mais je vais vous donner quelques éléments qui s’inscrivent dans cette analogie : une grande sensibilité à l’insulte nationale ; un sentiment que le monde nous rejette ; une incompréhension aux pertes dans les guerres. Et, comme résultat, la centralité du militarisme dans notre identité. La place des officiers de réserve dans notre société. Le nombre d’Israéliens armés dans la rue. Où est-ce que cette foule de gens armés va ? Les expressions hurlées dans la rue : « les Arabes dehors ». »

2) Le « Cas » Pierre Stambul

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Pierre STAMBUL

Les antisionistes radicaux condamnent sans nuances la création d’Israël et en appellent avec une vigueur extrême à sa destruction au point de se voir accusés d’antisémitisme tout particulièrement pour ce qui concerne la communauté juive vivant en Iran Les antisionistes israéliens, d’un certain âge, comme Burg et Shakak, et qui connaissent à fond le problème du sionisme, font preuve d’une lucidité exemplaire, quant aux autres antisionistes, ils affichent leur « profession de foi », mais étalent des ambiguïtés assez spécieuses que nous voudrions souligner avec : « Le cas Pierre Stambul »

Pierre Stambul, professeur de mathématiques à Marseille, est le vice-président de l’Union Juive Française pour la Paix., après avoir été un juif se définissant comme sioniste de gauche, dénonce les collusions entre l’antisémitisme et le sionisme et avec une certaine verve les «militants extrémistes pro palestiniens texte intitulé L’ANTISEMITISME
L’antisémitisme est-il un racisme comme un autre? Y a-t-il une seule forme d’antisémitisme? Considérer la politique de Sharon comme un crime conduit-il à l’antisémitisme? L’antisémitisme est-il instrumentalisé par ceux qui soutiennent inconditionnellement la politique israélienne? Existe-t-il des formes d’antisémitisme qui se dissimulent derrière l’antisionisme? Voilà quelques questions que je voudrais introduire.

L’antijudaïsme chrétien

Le christianisme est au départ une dissidence du judaïsme. Son succès dans le monde méditerranéen vient de sa rupture avec la religion d’origine. Parmi les points de rupture, il y a le fait que le christianisme devienne une religion universelle alors que le judaïsme reste une religion nationale. Dans le Bas Empire Romain, de nombreuses religions sont en concurrence. Défait par le christianisme, le judaïsme va cesser d’être prosélyte et la religion va devenir le ciment de la préservation de la communauté.

Il existe une version tragique de l’histoire des Juifs dans la Diaspora. C’est celle qui est reprise par des auteurs comme Léon Poliakov ou André Schwartz Bart. S’il y a eu des périodes fastes (sous Charlemagne par exemple), il est vrai que, dès que le christianisme triomphe, il enferme les Juifs (la juderia ou le ghetto) et instaure des pratiques régulières d’expulsions, de confiscations de biens et d’élimination sociale. Une idéologie antijuive se fabrique avec le «peuple déicide», les «crimes rituels»… La ségrégation sociale devient définitive. Les Juifs n’ont pas le droit d’exercer de nombreux métiers et doivent a contrario exercer ceux qui sont interdits aux chrétiens.

Les religions chrétiennes n’ont officiellement rompu avec l’antijudaïsme que très récemment (au moment du concile Vatican II pour les catholiques), mais cet antijudaïsme n’a pas disparu.

Dans le monde musulman, les religions «du livre» ont un statut qui a protégé les Juifs, avec même des périodes fastes: l’Andalousie musulmane ou l’Empire Ottoman à l’époque de son apogée.

L’antisémitisme racial

C’est d’abord en Europe de l’Est que cet antisémitisme racial sera le plus meurtrier avant l’arrivée du Nazisme. Mais il frappera massivement tous les pays, y compris la France (affaire Dreyfus, campagnes racistes contre Blum, préjugés antisémites de la plupart des dirigeants ou intellectuels…).

Sur le génocide nazi, des tentatives assez nauséabondes ont eu lieu pour minimiser ou «euphoriser» le génocide. Il s’agit bien du crime absolu (dont Auschwitz est devenu le symbole), toute l’énergie d’un État moderne étant utilisée pour détruire physiquement un peuple. Environ la moitié des 11 millions de Juifs Européens ont disparu. Aucun doute, aucune relativisation n’est admissible sur cette question.

Cet antisémitisme racial est différent des autres racismes. Il ne se contente pas de haïr, d’exploiter ou de mépriser «l’autre». Il s’agit d’une entreprise d’extermination. C’est bien parce que ce qui s’est passé est indéfendable et «indicible» que les antisémites d’après 1945 ont entrepris de réviser l’Histoire et d’essayer de nier le génocide ou au moins son ampleur.

Sionisme et antisémitisme

Ils ont un point commun. Sionistes et antisémites pensent que les Juifs ne peuvent pas vivre avec les autres. Pour les antisémites, cela signifie selon leur degré de radicalité que les Juifs doivent partir ou être exterminés. Pour les sionistes, cela implique qu’il y a un État Juif et que tout Juif qui vit en diaspora est un «touriste» appelé tôt ou tard à exercer son «droit au retour».

Jusqu’à Auschwitz, les sionistes étaient largement minoritaires parmi les Juifs par rapport à d’autres idéologies (le Bund, favorable à l’autonomie culturelle sans territoire spécifique, les communistes…) et l’intégration, voire l’assimilation avaient beaucoup avancé.

En 1939, il n’y a que 3% des Juifs qui vivent en Palestine. C’est le génocide qui a permis les conditions historiques de la création de l’État d’Israël. Pourtant, les sionistes n’ont eu qu’une part relative dans la résistance juive au nazisme, certains sionistes continuant la lutte contre les Britanniques jusqu’en 1942.

Il y a quelque part «complémentarité» entre sionisme et antisémitisme. Prenons l’exemple de l’émigration vers Israël des Juifs des pays arabes dans les années 50 ou celle provenant des pays de l’Est à partir de 1980. Il y a eu des phénomènes objectifs de discrimination et de persécution contre les Juifs (attaques contre les civils, fermeture des institutions communautaires, numerus clausus…), et aucune volonté politique de «retenir» les Juifs. Mais quand ils ne sont pas partis d’eux-mêmes, Israël les y a incités. Soit par des mesures économiques, soit par des campagnes de peur. On sait à présent que c’est le Mossad qui a commis l’attentat contre la synagogue de Bagdad au début des années 50. Les méthodes employées pour faire immigrer en quelques jours la quasi-totalité d’une communauté millénaire (les Juifs yéménites) en exploitant leurs superstitions n’a rien à voir avec une quelconque persécution. En Europe de l’Est, la politique officielle «pro arabe» s’est accompagnée d’un antisémitisme d’État qui a poussé les Juifs à l’exil et a renforcé Israël.

Le sionisme a puisé son bagage théorique dans les théories des mouvements nationaux de la fin du XIXe siècle, avec l’idée simpliste et parfois meurtrière: un peuple = un État. Mais le sionisme a besoin en permanence de l’antisémitisme pour justifier la politique israélienne, pour maintenir un flux d’immigration et pour poursuivre la colonisation. Au départ, le sionisme avait pour objectif de faire disparaître l’antisémitisme. Aujourd’hui, il en vit.

Les «Institutions» juives mélangent sciemment Juif, Sioniste, Israélien.

crif_logo_01_3Par exemple, l’étoile de David symbolise à la fois le signe distinctif des victimes du génocide et le drapeau israélien. Pour le CRIF, tout antisioniste est forcément antisémite. La récupération de la Shoah est devenue un enjeu. Jusqu’en 1960 en Israël, les survivants du génocide avaient mauvaise presse. On mettait en avant (ce qui n’est pas faux) le fait que de nombreux survivants avaient trouvé refuge en Israël. Mais on opposait la prétendue résignation des victimes à la bravoure de l’Israélien conquérant. Après le procès Eichmann (1961), changement de ton. Israël s’affirme l’État de tous les Juifs, le dépositaire unique du souvenir du génocide et une garantie de «sécurité» pour tous les Juifs.

Par contre, l’antisémitisme est un «carburant» fondamental pour la politique de colonisation entamée dès les années 70. Jouant sur le traumatisme réel d’un grand nombre de Juifs, les gouvernements israéliens et, dans la diaspora, les «institutions» censées représenter les Juifs assimilent toute critique d’Israël et tout soutien à la Palestine à de l’antisémitisme. La confusion est entretenue à l’extrême quand on voit par exemple le gala «pour le bien-être du soldat israélien» se tenir dans une synagogue. Comment s’étonner après de retrouver la confusion en face avec des gens qui caillassent une synagogue en croyant défendre les Palestinien? Des «intellectuels» se sont spécialisés dans l’intimidation, notamment par voie judiciaire. Un non Juif qui soutient la Palestine est automatiquement taxé d’antisémitisme. Un Juif qui fait de même est un «Juif honteux» ou un «traître». Et Arafat, ça va de soi, est un nouvel Hitler. Cette instrumentalisation de l’antisémitisme pour justifier l’occupation et la destruction de la société palestinienne est indécente.

Le nouvel antisémitisme

Comme les sionistes, les antisémites mélangent Juif, Sioniste et Israélien. Le nouvel antisémitisme a certes repris la haine ou les stéréotypes des antisémitismes chrétien ou nazi. Mais il est maintenant largement lié à la guerre qui se déroule au Proche-Orient.

Il y a un «vieil» antisémitisme clairement lié à l’extrême droite. Les «dérapages calculés» de dirigeants politiques comme Le Pen ou Haider ne les ont jamais gênés électoralement, au contraire. Ces antisémites sont souvent pro israéliens avec l’idée que les Juifs ont une solution simple, partir dans «leur» pays. Il y a un antisémitisme virulent issu des courants révisionnistes et négationnistes pour qui la négation totale ou partielle du génocide est une priorité. Certains de ces courants sont (hélas) issus de la gauche ou de l’ultra-gauche. Dans un contexte de désinformation et de confusion, il y a un nouvel antisémitisme pas vraiment théorisé qui consiste à attaquer «le Juif» (à l’école, à la synagogue) avec l’idée absurde qu’on aide la Palestine ou qu’on se venge ainsi de la ségrégation sociale subie.

Il y a clairement l’antijudaïsme meurtrier de certains courants islamistes. Les attentats sanglants de Casablanca ou d’Istanbul ont frappé des communautés juives qui ne veulent pas partir pour Israël. Et une fois de plus, l’antisémitisme renforce le sionisme et le mensonge qui affirme qu’Israël est garant de la sécurité des Juifs. Plus anciennement, l’élimination de la communauté juive de Beyrouth en pleine guerre civile au Liban relève du même processus.

Mais, c’est triste et c’est inquiétant, et là je ne vais pas être «politiquement correct», on observe une infiltration importante de l’antisémitisme à l’intérieur du mouvement pour la Palestine.

Dans les mouvements qui soutiennent la Palestine ou sur les listes de diffusion, on découvre avec surprise les noms de révisionnistes avérés, de compagnons de Garaudy, de gens qui ont été exclus de leur parti pour antisémitisme, de dirigeants islamistes d’extrême droite (je citerai des noms en privé).

Eh bien non! Les dirigeants palestiniens ont toujours refusé tout antisémitisme. Leila Shahid multiplie ses réunions avec Dominique Vidal ou Michel Warschawski. Les plus grands intellectuels palestiniens (Sanbar, Darwich, Saïd avant sa mort) s’étaient opposés à un colloque révisionniste de Garaudy à Beyrouth.

Que disent les Juifs pacifistes ou l’UJFP à laquelle j’appartiens? Qu’il existe une autre voie juive. Que les identités juives n’ont rien à voir avec les horreurs qui sont faites en Israël («pas en notre nom»). Un de nos buts est de détacher les Juifs du soutien automatique et aveugle à la politique israélienne. Pour cela, nous défendons tous les dissidents. J’ajouterais en mon nom que le sionisme usurpe l’identité juive, et que pour construire l’Israélien nouveau, il a fallu détruire le Juif: le cosmopolite, l’universaliste, le minoritaire…

Pour finir, nous marchons sur la corde raide. Les partisans inconditionnels de la politique israélienne instrumentalisent l’antisémitisme. Mais celui-ci se développe sous une forme nouvelle, déguisée en soutien àla Palestine. Sion pense comme moi que la paix passe par la fin de l’occupation, l’égalité des droits et la justice, et surtout pas par une guerre nationaliste ou des affrontements communautaires, ce nouvel antisémitisme doit être combattu sans concessions.

Remarques (ndlr)

Après une analyse « historique » relativement correcte, P. Stambul oublie de souligner que l’antisémitisme chrétien n’a rien de circonstanciel dans la mesure où Saint Paul parle dans ses Epîtres à propos des Juifs de « Peuple déicide », les Pères de l’Eglise en avaient rajouté une dose dans ce domaine. Ce n’est qu’à Vatican II, que le problème de l’antisémitisme ecclésial s’est posé à travers une « herméneutique » des textes « sacrés » Les mots durs de Saint Paul ont été relativisés. Jean-Paul II a complété cette démarche en proclamant que Juifs et Chrétiens étaient bien les « Enfants » du même Dieu, qu’en réalité, la mort du Christ sur la Croix était bien programmée par Dieu, de ce fait, les Juifs n’ont été que des « instruments » de la Volonté divine, puisqu’il fallait bien que le Christ meure sur la Croix pour montrer jusqu’où l’Amour de Dieu pour les hommes peut aller

L’attaque en règle contre « les militants pro palestiniens d’extrême gauche » fait partie de l’arsenal de ces « bons militants » de la cause du peuple de Palestine, qui « sionistes de gauche », pour la plupart, se sont convertis à un antisionisme « radical » tout en mettant, comme il se doit, leurs restrictions au soutien à toute résistance armée du peuple de Palestine, accusant comme par le passé, d’antisémitisme tous ceux qui pourraient douter de la volonté de paix des juifs israéliens, et de la nécessité d’éviter tout conflit inter-communautaire que pourrait produire tout acte de résistance dirigé contre les « colons juifs » appelés à être les partenaires d’un dialogue de paix.

En 1997, confronté à ce genre de rhétorique dans le cadre de la revue « Ecole Emancipée ».où je fus interdit de « parole » parce que je m’étais permis de dénoncer les « Accords d’Oslo » un acte de capitulation de traiter ces « Messieurs de « Collaborateurs » et de m’insurger contre cette diatribe à l’égard des « extrémistes » par rapport auxquelles, Monsieur Stambul reprend son « couplet » dans l’article ci-dessous en se réservant de citer les personnes en privé, alors qu’il ne s’était point gêné de les placarder en public dans la revue Ecole Emancipée, et dans ses tournées de « propagande » pour le dialogue et la paix, avec une certaine « naïveté » appelle les « héritiers de Jabotinsky au pouvoir et à un rassemblement des tous les « anti- impérialistes pour qu’advienne la paix ! Et avec une naïveté sidérante, ce « Monsieur oublie » que l’immense majorité des juifs israéliens sont sionistes, c’est à dire attachés à leur « Terre », et qu’ils ne sont guère prêts à céder leurs terres aux Palestiniens

Quand Pierre Stambul laisse entendre qu’il se réserve le « droit » de nommer ces « extrémistes de gauche » , antisémites, nous ne résistons pas au plaisir de citer un extrait de d’un article commis par Jean-François Pelé et Pierre Stambul dans un article intitulé « : Antisémitisme, négationnisme et confusion des genres » épinglaient des militants libertaires d’origine juive comme Jean-Gabriel Cohn-Benditou Noam Chomsky qui, selon eux : « sous prétexte de « radicalité » ou d’antisionisme ont écrits des horreurs, ils ont brisé le mur infranchissable qui nous sépare de l’extrême droite. Ils sont infréquentables. Les Eichmann en papier ne seront jamais des nôtres. » (L‘Ecole Emancipée N° 12 -15.06.97).

Pendant des années ces « Messieurs » se sont rangés comme « un seul homme » derrière Israël et ses « collaborateurs » de l’Autorité Palestinienne en applaudissant les Accords en tous genres: Accords d’Oslo, Feuille de Route, Plan de Genève, exprimant aussi leurs « déceptions » face aux échecs patents de tous ces dialogues forcément mal engagés, mais stigmatisant les « extrémistes de mon espèce ; malgré tout ils veulent garder l’espoir, persuadés qu’ils sont , contrairement à ce que nous pensons, que la paix est une affaire bonne volonté.

3) A propos de Michel Warschawski

Michel Warschawski

Michel Warschawski

L’intérêt de la posture d’Abraham Burg, c’est qu’ayant vécu de l’intérieur l’aventure sioniste, il adopte une position radicale et politiquement conséquente, il connaît, pour y avoir participé directement, les nuisances du sionisme et du prix à payer, ce qui ne semble pas être le cas de Michel Warschawski, fils du grand rabbin Max Warschawski, Michel Warschawski passe ses premières années à Strasbourg, il décide à 16 ans de partir pour Jérusalem où il entreprend des études talmudiques.

En 1967, il adhère au mouvement trotskiste antisioniste Matzpen aujourd’hui disparu. Il nous a paru intéressant de donner un extrait des perspectives de cette organisation que Michel Warschawski a pu reprendre en partie à son compte, en escamotant le problème de la décolonisation, se contentant de « causer » d’un nécessaire désionisation

Concernant la question israélo-palestinienne, Warschawski défend l’idée d’un État binational donc que les peuples juif et arabe cohabitent et co-gouvernent un même État.

MANIFESTE DE L’ORGANISATION SOCIALISTE ISRAELIENNE (Matzpen)

matzpenIl ne s’agit pas ici d’un conflit ordinaire entre deux nations. Il ne saurait donc suffire de réclamer « une coexistence basée sur la reconnaissance mutuelle des justes droits nationaux des deux peuples ».

L’État d’Israël est l’aboutissement de la colonisation de la Palestine par le mouvement sioniste, aux dépens du peuple arabe et sous les hospices de l’impérialisme. Dans sa forme sioniste actuelle, Israël est également un instrument pour la poursuite de « l’Entreprise Sioniste ». Le caractère sioniste d’Israël est également contraire aux intérêts des masses israéliennes, parce qu’elle signifie que le pays se trouve dans une dépendance constante des forces extérieures. Nous estimons, par conséquent, qu’une solution du problème requiert la désionisation d’Israël…. En particulier la « loi du retour » (qui accorde à tout juif du monde le droit absolu et automatique d’immigrer en Israël et en devenir un citoyen) doit être abrogée

Le problème des réfugiés arabes de Palestine de Palestine est l’aspect le plus douloureux du conflit israélo-arabe. Nous sommes donc d’avis que tout réfugié qui désire retourner en Israël doit être mis en mesure de le faire ; dans ce cas, il devrait obtenir une réhabilitation économique et sociale intégrale pour tous les dommages subis. La résolution du problème palestinien doit non seulement redresser les torts dont les arabes de Palestine ont été les victimes mais également garantir l’avenir national des masses hébraïques. Ces masses ont été amenées en Palestine par le sionisme, mais elles ne sont pas entièrement responsables des actions du sionisme. Tenter de punir les travailleurs et les masses populaires pour les « péchés » du sionisme ne peut résoudre le problème palestinien, mais seulement occasionner de nouveaux malheurs. Certains pourront, devront sans doute, regagner leur pays d’origine, cela se fait d’ailleurs actuellement de façon spontanée pour ceux qui se rendent compte de leur erreur en prenant conscience d’avoir été trompé par la propagande sioniste.(Cf. : Le Sionisme contre Israël. Cahiers Libres 146 – 147 148 Maspero)

Il crée en 1984 le Centre d’information alternative (AIC), qui rassemble plusieurs mouvements pacifistes israéliens et organisations palestiniennes. En 1989, il est condamné à vingt mois de prison ferme pour « prestations de services à organisations illégales », pour avoir imprimé des tracts relatifs à l’organisation palestinienne Front populaire de libération de la Palestine de Georges Habache qualifiée de terroriste par Israël.

Depuis lors, il continue son activité au sein de l’AIC. Il donne, entre 2003 et 2005, une série de conférences sur le conflit israélo-palestinien dans une vingtaine de grandes villes françaises et leurs banlieues (centres associatifs, écoles) avec Dominique Vidal du Monde diplomatique et Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne..

Le problème posé par les militants de la paix est des plus complexes, mais il n’empêche qu’aux deniers résultats des courses ils sont dans les choux, sans pour autant vraiment s’interroger sur leurs responsabilités dans cette situation.

Le Grand Israël se met en place et leur antisionisme, factice parce qu’ils se refusent de condamner concrètement Israël et de tirer toutes les conséquences qui serait logiquement de poser clairement le problème du droit à leurs terres des palestiniens spoliés, et qui pour la plupart, vivent entassés dans les camps, dont ils évitent, plus ou moins de parler, parce que en se posant ce problème essentiel qui est le droit au retour des Palestiniens, conformément à la résolution 194 de l’O.N.U, des personnes comme Warschawski, auraient à se poser celui de leur présence en Israël, qu’on évacue d’une façon bien spécieuse, laissant entendre que les israéliens et les Palestiniens sont condamnés à vivre ensemble, et qu’on ne peut guère revenir en arrière , souscrivant ainsi à la politique du fait accompli inscrite dans les pratiques sionistes.

Bien sûr, les Warschawski et autres militants pour la paix n’ont rien à se reprocher, ils ont pu mener des actions assez spectaculaires contres des implantations coloniales juives dont l’extension n’a pu être que provisoirement ralenti.

Il peuvent donc, en toute bonne foi, penser qu’il faut poursuivre leurs actions en les améliorant; tout en se gardant d’éviter des conflits inter-communautaires et surtout d’apporter leur soutien aux « actes de terrorisme palestiniens que nous avons toujours eu la faiblesse, d’appeler actes de résistance

A l’opposée, Avram Burg a tout à se reprocher, et conscient des Fautes commises dont il se sent responsable à titre individuel et à titre collectif, il ne peut qu’en tirer toutes les conséquences : Il faut abandonner le ghetto sioniste et en payer le prix !

Cette affirmation forte, lui vaut d’être considéré comme un extrémiste qui serait pour la destruction d’Israël, alors que les Warschawski et autres militants, bardés de leur « bonne conscience » peuvent, en toute honnêteté, penser qu’il y a encore quelque chose à sauver du côté d’Israël, et tout en se proclamant antisionistes, ils espèrent en une possible réconciliation entre les Israéliens bien intentionnés.

Justement quand dans son bouquin « Notes sur l’occupation » Eric Hazan affirme avec une naïveté sidérante, qu’il n’y a pas de haine entre juifs israéliens et les palestiniens, il est vraiment à côté de la plaque, pour peu qu’on prenne en considération les enquêtes faites dans les pays arabes, et plus particulièrement chez les Palestiniens

Michel Warschawski à qui l’on demande s’il est attaché à l’État d’Israël, déclare, en 2005, qu’« il aime Israël comme on aime l’enfant d’un viol. On ne peut en vouloir à l’enfant des circonstances de sa conception. »

A vrai dire, Michel Warschawski fait preuve d’un certain angélisme quand il se défausse d’une certaine manière de sa responsabilité dans le « viol », ne serait-ce que parce qu’il a émigré en Israël, au même titre d’ailleurs que son père qui, après la « miraculeuse » victoire dela Guerredes Six Jours à déposé ses valise et rejoint son fils

En réalité cette idée d’Etat binational ne fait qu’entériner le politique du « fait accompli » mené par Israël

Tout à l’opposé, Avram Burg sait de quoi il parle, pour la bonne raison qu’il a été, l’un des artisans de ce viol de ce fait il connaît les remèdes, au même titre que Barnavi, ils affirment tous les deux que le temps des bonnes intentions est révolu, qu’il importe qu’Israel reconnaisse ses torts et s’engage dans des négociations de paix sérieuses dans le respect des résolutions 194 et 242 des Nations Unies

Antisémitisme – Par Michel Warschawski

Michel Warschawski

Michel Warschawski

Le conflit israélo-palestinien se prête facilement à une interprétation religieuse, ou pour le moins ethnique. Il se déroule dans un lieu qui a été le berceau de grandes religions et que beaucoup appellent « Terre Sainte »; le sionisme est souvent présenté comme le « retour » du peuple juif dans la Terre Promise, et son argumentaire puise beaucoup dans le domaine des droits historiques, quand ce n’est pas carrément dans la promesse divine; Jérusalem est ville trois fois sainte, et la Palestine historique est parsemée de sites de pèlerinage.

L’omniprésence de la culture islamiste dans la conscience et la culture nationale arabe est, elle aussi lourde d’une confessionnalisme d’un conflit souvent présenté comme la libération d’une terre d’Islam, occupée par des infidèles.

A quoi on ne peut pas ne pas ajouter l’idée, sioniste elle aussi, de créer un « état juif », et une stratégie permanente de judaïsation qui n’a pas fait l’économie d’une guerre d’épuration ethnique en 1948.

Un des plus grand mérites de Yasser Arafat est d’avoir, dans un tel contexte, fait tout ce qui est humainement possible pour maintenir le conflit Israélo-palestinien dans sa dimension politique et non religieuse ou ethnique: une lutte de libération nationale pour l’indépendance, un combat anti-colonialiste pour un territoire et une souveraineté nationale.

A l’inverse, un des crimes les plus graves de l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak est d’avoir introduit le religieux dans les négociations, en revendiquant, au sommet de Camp David II, une souveraineté juive sur l’esplanade des mosquées de Jérusalem sur la base de considérations historico religieuses. Cette revendication démente a, sans aucun doute, été l’une des causes principales de l’écroulement du processus d’Oslo. L’histoire dira si elle n’a pas été aussi le détonateur d’une guerre des religions dans l’ensemble du Moyen-Orient, et d’un conflit islamo juif à travers le monde entier.

Le conflit israélo-palestinien est un conflit politique entre un mouvement colonial et un mouvement de libération nationale. Le sionisme est une idéologie politique, et non religieuse, qui vise à résoudre la question juive en Europe par l’immigration en Palestine, sa colonisation et la création d’un état juif.

C’est la définition qu’en ont toujours donnée ses instigateurs, de Herzl à Ben Gourion, de Pinsker à Jabotinsky, pour qui les concepts de colonisation (Hityashvuth) ou de colonies (Yishuv, Moshav) n’ont jamais été péjoratifs. Jusqu’à la montée du Nazisme, l’immense majorité des Juifs à travers le monde a rejeté le sionisme, considéré soit comme hérétique (position de la grande majorité des rabbins et des Juifs religieux) soit comme réactionnaire (position du mouvement ouvrier juif en Europe orientale), soit encore comme anachronique (positions des Juifs émancipés ou assimilés en Europe centrale et occidentale). En ce sens, l’antisionisme a toujours été perçu comme une position politique parmi d’autres, qui plus est, hégémonique dans le monde juif pendant près d’un demi siècle.

Ce n’est que depuis une trentaine d’années qu’une vaste campagne internationale tente, avec un succès indéniable, non pas de participer à la controverse sur l’opportunité du sionisme, l’analyse de sa dynamique et ses implications politiques et morales, mais de délégitimer l’antisionisme, en l’identifiant à l’antisémitisme.

Comme toute autre forme de racisme, l’antisémitisme (ou la judéophobie) rejette l’autre dans son identité et son existence. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il pense, pour l’antisémite, le Juif est haïssable, jusqu’au massacre, par le seul fait d’être Juif. L’antisionisme par contre, est une critique politique d’une idéologie et d’un mouvement politiques; il ne s’attaque pas à une communauté, mais remet en question une politique. Comment alors identifier une idéologie politique, l’antisionisme avec une idéologie raciste, l’antisémitisme?

Un groupe d’intellectuels sionistes européens vient de trouver la solution, en faisant intervenir l’inconscient et un concept passe-partout qu’ils nomment « le glissement sémantique ». Quand on dénonce le sionisme, voire quant on critique Israël, on a, parfois inconsciemment, comme objectif non pas la politique d’un gouvernement (le gouvernement Sharon) ou la nature coloniale d’un mouvement politique (le sionisme) ou encore le racisme institutionnel d’un état (Israël), mais les Juifs. Par glissement sémantique, quand on dit: « les bombardements de populations civiles sont des crimes de guerre » ou « la colonisation est une violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève », on dit en fait « le peuple juif est responsable de la mort du Christ » et « mort aux Juifs ! ».

Evidemment, on ne peut rien répondre à un tel argument, car toute réponse sera, inconsciemment peut-être, une apologie de l’antisémitisme. L’argument du glissement sémantique et l’utilisation de l’inconscient dans la polémique politique met, par définition, fin à toute possibilité de débat, quel que soit le sujet d’ailleurs. La dénonciation du colonialisme est en fait un rejet de l’Anglais (ou du Français ou de l’Allemand, selon le cas), de sa culture de son existence. L’anticommunisme non plus n’existe pas, c’est un glissement sémantique de la haine des Slaves. Si je dis « je n’aime pas le camembert », je pense en fait « mort aux Français! »; quand j’affirme apprécier la musique Yiddish, je dis, par glissement sémantique, que je hais les Arabes…

L’antisémitisme existe, et semble, en Europe, relever la tête, après un demi-siècle de non-dit faisant suite aux horreurs du judéocide nazi et aux crimes de la collaboration. Dans une partie croissante des communautés arabo-musulmanes en Europe, des généralisations racistes accusent, sans distinction, les Juifs des crimes commis par l’Etat juif et son armée. L’antisémitisme se trouve d’ailleurs souvent au sein même du camp qui soutient inconditionnellement la politique israélienne, comme par exemple une partie de ces sectes protestantes intégristes qui, aux USA, constituent le véritable lobby pro israélien.

Le racisme anti-arabe existe également, même si les média donnent moins de visibilité aux exactions du Bétar et de Ligue de Défense Juive contre des institutions musulmanes ou des organisations qui s’opposent à la politique de colonisation israélienne, aux slogans racistes anti-arabes qui couvrent certains quartiers de Paris (« Mort aux Arabes », « Pas d’Arabes pas d’Attentats ») et aux ratonnades organisées par des commandos sionistes.

Les racismes anti-arabe et anti-juif doivent être condamnés et combattus, sans concession, et l’on ne peut le faire avec efficacité que si l’on mène les deux combats de front, faute de quoi, on ne fait que renforcer l’idée, fortement répandue, que derrière la dénonciation d’une seule forme de racisme on attaque en fait une communauté. Ceux qui dénoncent les actes antisémites, réels ou fruits de « glissements sémantiques », mais ne disent rien des exactions anti-arabes portent une part de responsabilité dans la communautarisation des esprits et dans le renforcement de l’antisémitisme, car ce n’est pas le racisme, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne, qu’ils combattent, mais uniquement le racisme de l’autre.

Ce ne sont certainement pas eux, les Tarnero, Lanzmann et autres Taguieff, qui ont le droit de faire la leçon aux militants de la gauche radicale et du mouvement contre la mondialisation marchande, qui depuis toujours, ont été à la pointe de tous les combats anti-racistes, et n’en ont jamais déserté aucun.

Mais allons plus loin. Une part importante de responsabilité du phénomène de glissement d’une critique à la politique israélienne à des attitudes antisémites, repose sur les épaules d’une partie des dirigeants, souvent autoproclamés, de communautés juives en Europe et en Amérique du Nord. En effet, ce sont eux qui, souvent, identifient la communauté juive toute entière à une politique – celle du soutien inconditionnel aux dirigeants israéliens. Quand, comme ça a été le cas à Strasbourg, ils appellent à manifester leur soutien à Sharon sur le parvis d’une synagogue, comment s’étonner alors que la synagogue soit prise comme cible dans les manifestations contre la politique israélienne?

La politique israélienne est largement critiquée à travers le monde, et plus l’Etat Juif agira hors du droit, plus il sera considéré comme hors-la-loi, et en paiera le prix. Il est totalement inacceptable et irresponsable que les intellectuels juifs qui affichent une identification absolue avec Israël ainsi que les dirigeants des communautés juives à travers le monde entraînent ces dernières dans la course vers l’abîme où mène Ariel Sharon et son gouvernement.

Au contraire: s’ils étaient animés par un véritable sentiment de responsabilité face à la communauté dont ils se revendiquent, ils feraient leur possible pour se démarquer des actes barbares de l’état israélien, et des conséquences dramatiques que ces actes vont tôt ou tard entraîner pour l’existence même d’une existence nationale hébreu au Proche Orient.

Ce faisant, ils feraient également preuve de responsabilité face à la communauté juive d’Israël : au lieu de caresser le jusqueboutisme israélien dans le sens du poil, de contribuer à l’aveuglement suicidaire croissant de sa direction et de sa population et de hurler, comme Lanzmann « avec Israël toujours, et inconditionnellement », ne feraient-ils pas mieux de servir de garde-fous et de mettre en garde Sharon et son gouvernement contre les conséquences catastrophiques de leur politique? Sont-ils à ce point aveugles pour ne pas voir que l’impunité dont jouit Israël aux yeux de certains courants politiques et philosophiques, en Europe et en Amérique du Nord, n’est que l’autre face de l’antisémitisme et de son argumentaire sur la « spécifité juive ».

Sont-ils à ce point stupides pour ne pas comprendre que pour beaucoup de soi-disant amis d’Israël, la politique de laissez aller laissez faire vis à vis de l’Etat juif est l’expression d’un cynisme qui veut voir les Juifs se jeter, droit dans le mur? Et qu’au contraire, ce sont ceux qui critiquent, et parfois durement, Israël qui ont véritablement à cœur la vie et la survie de sa population?

Pour protéger les Juifs du monde d’une accusation de co-responsabilité, pour couper court à la propagande antisémite qui en instrumentalisant la souffrance des Palestiniens veut culpabiliser tout juif en tant que tel, pour faire barrage au danger réel de communautarisation des enjeux du conflit israélo-palestinien, il est impératif que s’entende, dans les communautés juives, une voix puissante et ferme qui dise, comme l’exprime le nom d’une organisation juive américaine agissant en ce sens: « Pas en notre nom! ».

C’est évidemment aussi le devoir des forces démocratiques et de gauche à travers le monde que de dénoncer, sans concession aucune, les crimes d’Israël, non seulement parce que la défense des opprimés et des colonisés, où qu’ils soient, est une partie intégrale de leur programme et de leur philosophie, mais aussi parce que seule une position claire et cohérente avec les autres combats qu’ils mènent, peut leur permettre de lutter contre la communautarisation et le racisme dans leurs propre pays.

Michel Warschawski
mai 2003

4) PAROLES D’UN ANTISIONISTE RADICAL

Aveuglement collectif, les erreurs les plus fréquentes des Israéliens

Par Gilad Atzmon

Gilad Atzmon

Gilad Atzmon

À travers toute l’histoire relativement courte du nationalisme juif, beaucoup de juifs ont réussi à trouver des imperfections dans la philosophie sioniste. Beaucoup se sont détachés du sionisme. Depuis la déclaration de l’État d’Israël, beaucoup d’Israéliens ont quitté Israël, et pas mal de juifs de par le monde se sont joints au mouvement de libération palestinien. Les Israéliens, d’autre part, sont ceux qui n’arrivent pas à réaliser que les dix points cités ci-dessus sont en vérité des erreurs graves et fatales.

On pourrait probablement demander si ces erreurs sont faites par les sionistes en particulier plutôt que par tous les Israéliens. Je répondrai que les Israéliens sont des sionistes, même s’ils n’ont que peu de connaissance du sionisme. La plupart des Israéliens sont nés dans une réalité colonialiste et raciste. Ils sont éduqués en vue de maintenir le sionisme et non de le remettre en cause. L’acceptation aveugle d’une des vues les plus radicales et chauvinistes du monde rend les Israéliens imperméables à toute forme de négociation pacifique.

Les erreurs en détail :

1) De ne pas réaliser qu’il n’y a pas de différence essentielle entre Tel Aviv et une colonie juive en Cisjordanie :

La plupart des Israéliens considèrent les colonies juives en Cisjordanie et les colons comme des obstacles à la route vers la paix. Les Israéliens en général et les sionistes soi-disant «de gauche» en particulier, dans leur univers égocentrique, sont totalement convaincus que seul un retrait des forces israéliennes jusqu’aux frontières de 1967 pourrait leur garantir la paix. La seule explication intelligible devant une telle erreur de jugement vient du fait que ce n’est qu’après 1967 que les Israéliens ont rencontré face à face les Palestiniens qui avaient subi un «nettoyage ethnique» en 1948 (et qui sont «tout à coup» apparus dans l’expansion des nouveaux territoires occupés). Les Israéliens veulent croire que ce qu’ils ne voient pas n’existe pas. Ils refusent toujours de reconnaître que la «cause palestinienne» est basée sur une demande de retour au pays justifiée.

La semaine dernière, le ministre de l’Autorité Palestinienne, Nabil Sha’ath, a fait la déclaration suivante concernant le «droit au retour»: «La feuille de route pour la paix au Proche-Orient parrainée par les États-Unis garantit le droit pour les réfugiés palestiniens de revenir dans leurs maisons en Israël ou sur les terres qui ont été conquises lors de la guerre des Six-Jours en 1967.» (Haaretz, 16 août 2003)

Voyons certains des commentaires faits par les principales figures politiques israéliennes:

«Les réfugiés n’auront jamais le droit de revenir en Israël.» (le porte-parole du gouvernement, Avi Pazner, Ha’aretz, 17 août 2003)

«Toute avance en ce qui concerne la feuille de route devra dépendre de l’abandon des Palestiniens du droit au retour sur des terres en Israël.» (le Ministre israélien de la Santé, Dan Naveh, Ha’aretz, 17 août 2003)

«[Les Palestiniens] parlent encore d’un problème qu’ils ne pourront jamais résoudre.» (le porte-parole du parti travailliste, Shimon Peres, Ha’aretz, 17 août 2003)

«Tous les partis politiques en Israël sont unis contre le droit au retour en Israël pour les Palestiniens.» (le député travailliste Matan Vilnai, Ha’aretz, 17 août 2003)

«Israël et l’Autorité Palestinienne ont un intérêt commun: celui de trouver des solutions au problème des réfugiés à l’intérieur des frontières d’un État palestinien, et non pas en Israël.» (Le député du Meretz Ran Cohen, Ha’aretz, 17 août 2003)

Comme nous pouvons le voir, les politiciens israéliens doivent encore arriver à comprendre ce qu’est la cause palestinienne. Ils s’attendent encore à ce que les Palestiniens abandonnent leurs doits légaux légitimes. En réalité ils veulent que les palestiniens acceptent de ne plus être des palestiniens. C’est confondre leurs désirs avec la réalité, car je dirai que les Palestiniens n’abandonneront jamais leur droit au retour. Ils n’abandonneront jamais la résistance contre le colonialisme sioniste. Certainement pas maintenant, pas quand ils sont en train de gagner un soutien grandissant du monde. Chaque Palestinien sait que le but du sionisme est de transformer toutela Palestineen une terre juive. C’est pourquoi Tel Aviv, qui est partiellement située sur des terres palestiniennes confisquées (Yafo, Abu Kabir, Sheikh Munis, etc.) et Elon Moreh (une colonie en Cisjordanie) sont très semblables. Ce sont des colonies juives sur une terre palestinienne.

2) De croire que la création de l’État d’Israël est un résultat de l’Holocauste:

Voici d’abord quelques citations révélatrices:

«Un juif élevé au milieu des Allemands peut adopter les coutumes allemandes, des mots allemands. Il peut être totalement imbibé de fluide allemand, mais le noyau de sa structure spirituelle restera à jamais juif, parce que son sang, son corps, son type physique racial sont juifs.» (Vladimir Jabotinsky, «Une lettre sur l’autonomie», 1904 – Jabotinsky est le mentor idéologique de la droite israélienne).

«Moi aussi, comme Hitler, je crois dans le pouvoir de l’idée du sang.» (Chaïm Nachman Bialik, «L’heure présente», 1934 – Bialik est le poète national officiel d’Israël).

«Si j’avais été juif, j’aurais été un sioniste fanatique.» (Adolf Eichmann, 1955, publié dans Life Magazine en 1960 – Eichmann, un officier SS en charge du «problème juif», a fait cette remarque en référence à sa visite en Palestine en 1937).

Tout au long des années, les Israéliens ont adopté une vue bizarre du récit de leur histoire sioniste. D’une manière ou d’une autre, ils ont décidé que leur entreprise coloniale militante et nationaliste est en réalité un «mouvement à la recherche de la paix» de l’après-Shoah. Dans les premières années de l’État, cette notion manipulatrice s’est trouvée être très efficace en engendrant un soutien de l’Ouest grâce sans doute au sentiment de culpabilité au sein des Occidentaux. Depuis la guerre du Liban en1982, l’opinion à l’Ouest s’est déplacée. De plus en plus de personnes estiment que ce sont les Palestiniens qui sont en réalité les «dernières victimes de Hitler». Alors que l’Ouest prend lentement mais sûrement conscience des crimes inhumains et continus d’Israël, les Israéliens croient toujours en leur image auto-fabriquée. Les Israéliens sont convaincus que l’État d’Israël a été crée après l’Holocauste afin de donner un havre de sécurité aux juifs en cas de désastre qui recommencerait. Cette fausse idée est la conséquence directe de la lecture erronée des événements historiques cruciaux. Israël est le fruit du sionisme, et l’idéologie sioniste a été édifiée bien avant la naissance de Hitler.

De plus, il y a une bonne raison de croire qu’Hitler a développé ses arguments antisémites après avoir lu les premiers textes sionistes. En lisant Ber Borochov, il pouvait apprendre à quel point les juifs étaient socialement anormaux («La structure socio-économique du peuple juif diffère radicalement de celle des autres nations. La nôtre est une structure anomale, anormale.» Ber Borochov, 1897, publié dans Moshe Cohen (éd.), «Nationalisme et la lutte des classes: une approche marxiste au problème juif», 1937). Il pouvait apprendre de Jabotinsky à quel point la pureté du sang était importante. Les citations ci-dessus suggèrent que le sionisme et le nazisme sont très semblables dans l’esprit (tous deux sont des mouvements nationalistes inspirés par les concepts de la pureté raciale). Une chose néanmoins reste claire: le sionisme précède le nazisme.

D’autre part, si nous décidons d’accepter l’idée de l’aveuglement d’Israël qui estime que l’État est un résultat de l’Holocauste, alors nous devrions prendre en compte le fait que les sionistes ont toujours été plus qu’enthousiastes en ce qui concerne l’antisémitisme. Aux yeux des sionistes, c’est l’antisémitisme qui poussera les juifs vers leur pays. Ainsi, les sionistes ont réalisé dès le début que l’Allemagne nazie présentait une chance pour le sionisme. Alors qu’avant la guerre les organisations sionistes ont collaboré avec les nazis pour transférer les richesses des juifs allemands en Palestine pendant la guerre, quand l’échelle du désastre était déjà connue, les sionistes de par le monde n’ont pas fait grand-chose pour aider leurs frères et sœurs en Europe. Il faut mentionner un incident en particulier. Vers la fin de la deuxième guerre mondiale, Adolf Eichmann (au nom d’Heinrich Himmler) a offert à Rezso Kasztner, un dirigeant sioniste hongrois, la possibilité de libérer près d’un million de juifs en échange de 10.000 camions. De façon surprenante, cette offre a été ignorée par les organisations sionistes qui avaient réalisé alors que l’anéantissement des juifs d’Europe aiderait à générer suffisamment de soutien de la part des nations en vue de la création du futur État juif. Apparemment, l’offre nazie a été réduite à un seul train et à juste 600 juifs sionistes hongrois dévoués. Les sionistes n’étaient clairement intéressés à sauver ni les juifs assimilés ni les juifs orthodoxes.

On doit admettre, tristement, que du point de vue tactique, les sionistes avaient raison: la liquidation des juifs d’Europe a en effet généré un grand soutien pour la cause sioniste, qui a conduit finalement à la création de l’État juif. Néanmoins, si nous adoptons cette ligne de pensée, nous devons considérer les dirigeants sionistes comme étant responsables en partie de la liquidation des juifs d’Europe.

3) De se considérer innocents et victimes du conflit israélo-palestinien:

C’est difficile à croire, mais les Israéliens se considèrent vraiment comme étant des personnes innocentes. Même ces mêmes Israéliens qui ont nettoyé ethniquement les Palestiniens et qui les ont terrorisés pendant des dizaines d’années (comme Peres et Sharon) ont le chutzpah (toupet) de se considérer comme des victimes. Même le fait que pendant plus d’un demi-siècle les Israéliens ont voté en faveur du déni des droits humains les plus fondamentaux pour les Palestiniens, n’a jamais amené les sionistes à exprimer le moindre doute. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas un seul corps politique juif au sein du parlement israélien qui reconnaisse le droit au retour pour les Palestiniens.

En prenant en compte le fait que le judaïsme mondial, poussé par le gouvernement israélien, réussit à mener à bien les demandes concernant les intérêts juifs d’avant la deuxième guerre mondiale (en ce qui concerne les comptes en banque ou les biens en Europe de l’Est), il est plutôt bizarre que les Israéliens parviennent si bien à ignorer les demandes similaires des Palestiniens. Comment se fait-il que les juifs soient tellement mobilisés au sujet des injustices des banques suisses, et si sourds et aveugles vis-à-vis de leur propre vol de terres, des possessions et de la dignité des Palestiniens? Je suggère deux réponses possibles:

a) Les Israéliens et les sionistes ne sont pas vraiment concernés par les injustices faites à leur peuple dans le passé; ils sont simplement motivés par avidité, par exaltation politique, ou par les deux.

b) Les Israéliens et les sionistes sont des créatures étranges qui ne suivent aucun des modèles humains reconnus d’empathie, et donc il ne faut pas attendre d’eux des sentiment de compassion ou de culpabilité en ce qui concerne leurs propres crimes envers les non-juifs en général, et envers le peuple palestinien en particulier.

On sait que des milliers de jeunes Israéliens vont chaque année en Pologne pour visiter les différentes attractions touristiques dela Shoah. Cesvoyages sont sponsorisés par le gouvernement israélien et par beaucoup d’autres organisations juives. On pourrait penser que, lorsque ces heureux jeunes gens rejoignent l’armée israélienne, ils appliquent les leçons morales et qu’ils ressentent de la compassion pour leurs voisins palestiniens. Néanmoins, alors qu’il parait évident qu’ils ont appris la leçon, c’est malheureusement la mauvaise: quand ils sont dans les Territoires occupés, beaucoup se comportent commela Wermacht. Iln’est pas étonnant que les Israéliens investissent tant d’argent dans ces «voyages éducatifs».

4) De croire qu’ils vivent dans une démocratie et donc que les atrocités qu’ils commettent sont légitimes :

Malgré le fait que plus de la moitié de la population vivant dans les frontières israéliennes n’ait pas le droit de vote, les Israéliens se considèrent toujours comme étant un peuple démocratique. De plus, les Israéliens (comme les Américains) croient que leur «liberté» de choix politique leur donne un mandat pour décider du destin d’autres peuples. Les Israéliens sont persuadés que leurs actes assassins sont légitimes parce qu’ils sont «la seule démocratie au Moyen-Orient». On peut expliquer cela en prenant comme référence l’interprétation israélienne du concept juif d’«élu». Alors que les juifs orthodoxes regardent le fait d’être élu comme étant un fardeau éthique et spirituel, les Israéliens considèrent cela comme une forme de cadeau cosmique: on naît «élu», et cela vous rend surhumain. En très peu de temps, les Israéliens ont développé un système de «démocratie de peuple élu» qui leur permet en tant qu’élus de dicter leur conception du monde à ceux qui sont trop faibles (pour le moment) pour les combattre. Il est important de faire remarquer qu’Israël n’est pas le seul pays à avoir «une démocratie de peuple élu». La démocratie américaine suit assez bien la même ligne de pensée. Depuis la deuxième guerre mondiale, les Américains ont décidé pour le reste du monde de la façon dont ces pays devaient contribuer à enrichir les États-Unis. Ce n’est pas étonnant que ces deux «démocraties de peuples élus» soient si éprises l’une de l’autre.

5) D’être convaincus qu’ils vivent dans une société ouverte qui bénéficie d’une diversité politique et idéologique :

«Le problème avec la gauche israélienne est qu’elle pense qu’il suffit de chanter une chanson pour être en faveur de la paix. Je dis, si vous voulez chanter une chanson, alors devenez chanteur.» (Shimon Peres, The Independent, 4 août 2003)

Les Israéliens ont tendance à croire qu’ils bénéficient d’une société avec une diversité politique et avec un vrai débat gauche/droite. Traditionnellement, on identifie la pensée de gauche avec le combat pour une égalité sociale et juridique, alors que la politique de droite se bat pour les plus forts. Bizarrement, une telle distinction n’est pas applicable à Israël. L’idée du sionisme, c’est d’être fort et juif, et les Palestiniens (et la main-d’œuvre émigrée bon marché) ne font pas partie du jeu. La gauche israélienne n’essaye pas d’en faire des partenaires égaux, et les sionistes de droite ne leur permettent même pas d’entrer dans la fosse. En réalité, la gauche et la droite ont adopté l’idée du «Mur de fer» de Jabotinsky, une philosophie dont le but est de construire une puissance que la «population native ne peut pas enfoncer» (Vladimir Jabotinsky, «The Iron Wall», 1923).

Je suppose que la raison pour laquelle les Israéliens n’arrivent pas à voir que leur société manque d’un vrai débat entre la gauche et la droite, c’est parce qu’ils n’arrivent pas à faire la différence entre un débat idéologique et un débat politique. Alors qu’en réalité il n’y a pas de différence idéologique entre le parti du Likoud et le parti travailliste israélien, les Israéliens considèrent encore leur affrontement politique comme un débat idéologique. En Grande Bretagne, par contre, la plupart des gens comprennent maintenant que Tony Blair est un dirigeant Tory déguisé en travailliste. Les Anglais sont beaucoup plus avancés que les Israéliens en réalisant le contexte idéologique de leur propre jeu politique. En Israël, peu de personnes comprennent que les différences entre Peres et Sharon ne sont que marginales. Si cela ne suffisait pas, même les organisations israéliennes de gauche comme Peace Now (La Paix Maintenant), Women in Black (les Femmes en Noir) et Gush Shalom, qui se sont battus courageusement pour les droits des Palestiniens, acceptent l’inacceptable «solution de deux États». Penser à ces mouvements de la «gauche israélienne» en termes catégoriques révèle une donnée dévastatrice: que leur programme politique n’est pas si éloigné idéologiquement parlant de celui de Sharon. Il est triste d’admettre qu’il n’y a pas de «gauche israélienne».

6) De croire qu’ils ont laissé le ghetto derrière eux :

Les aspirations juives nationalistes ont commencé à apparaître à la fin du dix-neuvième siècle suite à l’émancipation des juifs d’Europe. Les idéologues sionistes ont suivi la vague grandissante du nationalisme européen. Les premiers sionistes ont considéré que la possible assimilation des juifs était une grave menace pour l’existence juive. Beaucoup de ces penseurs sont tombés d’accord sur le fait que les juifs souffraient d’un mauvais fonctionnement social, en se référant aux occupations juives traditionnelles comme étant non productives. L’hypothèse sioniste à cette période était que cette forme de condition sociale malsaine venait du fait d’avoir vécu dans des ghettos dans un pays étranger pendant trop de temps. Le sionisme a été considéré comme un remède pour les nombreuses «maladies traditionnelles juives». Son but était de créer un juif nouveau: un homme laïc, civilisé et productif, qui vit et cultive sa propre terre tout en communiquant dans sa propre langue (hébreu), tout l’opposé du caractère des juifs de l’Europe de l’Est des ghettos. Cette expérience n’a pas survécu longtemps. En réalité, ce «nouveau juif» n’a jamais été créé. Le sionisme n’a jamais été un mouvement laïc. Alors que la laïcité est une alternative philosophique à la religion, quand on regarde le sionisme et la laïcité juive, le sionisme ne rejette certains rituels juifs que pour en adopter de nouveaux.

Depuis le début, le sionisme a adopté beaucoup de symboles héroïques juifs bibliques et mystiques, la plupart suicidaires (l’histoire de Massada – un conte de kamikazes communautaires – et Samson, le premier attaquant suicide, sont des exemples typiques). De plus, l’idée de ressusciter un État juif en Palestine est directement liée à la promesse biblique. Même si au début il semblait qu’un réel effort ait été fait pour établir une civilisation hébraïque, aujourd’hui chaque personne qui visite Israël serait d’accord pour dire que la plupart des aspects culturels hébraïques sont en train de disparaître de la culture israélienne qui s’effondre. Même l’hébreu est en train d’être broyé chaque jour. Inutile de dire que peu de temps après leur arrivée, les sionistes ont trouvé qu’il était beaucoup plus facile d’utiliser la main-d’œuvre palestinienne que de se brûler en plein air dans les champs méditerranéens. Rétrospectivement, il serait difficile de faire ressortir quelque renaissance culturelle hébraïque que ce soit, à part quelques habitudes barbares d’oppression sadique qui se sont développées pendant des dizaines d’années. En prenant en compte la large contribution impressionnante des juifs à la culture du monde, on verra que presque rien n’est venu de l’État juif. Ce n’est pas très surprenant. Comme nous le savons, il y a eu peu de contributions venant des ghettos juifs. Quand nous pensons aux grands penseurs et aux artistes juifs, nous voyons que tous sont des juifs émancipés qui préféraient l’assimilation au sionisme ou à l’orthodoxie. Le remarquable «Mur de défense» de Sharon est là pour expliquer pourquoi Israël n’a jamais été productif culturellement. En réalité, les sionistes n’ont jamais quitté le ghetto; ils ont juste déménagé de l’Europe de l’Est versla Palestine. Leconcept de ségrégation est probablement inhérent à l’existence sioniste.

7) D’être convaincu que «l’État juif» est un concept légitime :

Cette erreur est le résultat d’une mauvaise lecture du changement culturel du vingtième siècle. Quand le sionisme est né, c’était plus qu’une philosophie idéologique légitime. Il faisait partie du mouvement nationaliste européen du dix-neuvième siècle, et s’est développé au moment où la haine de l’Autre était très courante dans les discours politiques et intellectuels européens. Les sionistes révisionnistes dirigés par Vladimir Jabotinsky ont fait ouvertement l’éloge du fascisme italien et considéré Mussolini comme leur mentor idéologique. De plus, Jabotinsky a adopté l’idée de la pureté raciale des années avant qu’Hitler n’en parle. À cette époque, le sionisme n’était pas la seule philosophie à pousser pour un État nationaliste basé sur la pureté raciale. Après la deuxième guerre mondiale et la chute du nazisme, les choses ont néanmoins changé. L’idée d’un État basé sur la pureté raciale n’était plus légitime. Même la nouvelle forme de fascisme américain est multiraciale. En fin de compte, Israël est le seul exemple restant d’un État nationaliste basé sur la pureté de la race. L’État juif n’est plus un concept légitime.

8) De penser qu’Israël est un abri pour toute la population juive et la meilleure réponse à l’antisémitisme :

Madame Tzipi Livni,la Ministreisraélienne de l’Immigration, a récemment révélé que l’immigration vers Israël s’est complètement arrêtée. En d’autres mots, elle a admis qu’Israël n’est pas le pays le plus attrayant pour les juifs pour venir y vivre. Il n’y a pas si longtemps, j’ai entendu une présentation d’un porte-parole palestinien, ici en Grande Bretagne. On a demandé au porte-parole s’il pouvait justifier les actes de suicides palestiniens dirigés contre les civils israéliens. Évitant de parler des aspects moraux compliqués concernant cette question maintes fois posée, le porte-parole s’est limité à parler des aspects pragmatiques des différentes formes de lutte des Palestiniens. Son argument était très simple: «Si Israël est un État pour les juifs, alors c’est la terreur palestinienne qui pourra faire de cet État un lieu très déplaisant pour les juifs qui veulent y vivre.» Il n’y a pas de doute que les attaques suicides sont très efficaces et atteignent leur but. Les mots de Tzipi Livni confirment que la terreur palestinienne est en train de vaincre l’entreprise sioniste. Mais la faillite du sionisme est beaucoup plus dramatique. Non seulement Israël n’a pas empêché l’antisémitisme, mais de plus les crimes dévastateurs et inhumains qui sont commis tous les jours par Israël au nom du «peuple juif» font que l’antisémitisme devient une philosophie légitime. Il n’y a pas de doute, le prochain désastre juif viendra d’une réaction au sionisme.

(Il est important de noter à nouveau que le sionisme est porté consciemment par l’antisémitisme. Nous voyons ici un cercle vicieux initié par les sionistes: Israël commet délibérément des crimes inhumains afin de provoquer des actes antisémites qui amèneraient les juifs à considérer que le sionisme et la seule et unique solution au «problème juif».)

9) De se considérer comme des humanistes :

Non, ce n’est pas une plaisanterie. Malgré la douleur qu’ils infligent à leurs voisins, les Israéliens se considèrent toujours comme des humanistes. De plus, il semble que l’image de l’humaniste est très importante pour les Israéliens. Vous trouverez des équipes de secours israéliennes et des équipes d’urgence médicale dans chaque lieu de désastre de par le monde. Mais pour quelque raison que ce soit, on ne trouve jamais ces «chevaliers» humanistes israéliens à Gaza ou à Jénine.

Je suppose que le déguisement humaniste israélien a quelque chose à faire avec l’héritage marxiste qui a été partiellement adopté par les premiers sionistes de «gauche». Ayant dit cela, on doit se souvenir qu’il n’y a rien dans la philosophie sioniste qui fasse écho à quelque code moral universel de comportement. Le sionisme ne concerne que les juifs. Il a été inventé par les juifs et ne peut être appliqué qu’aux juifs. L’appel pour l’unification mondiale prolétaire qui apparaissait pendant des années sur certains documents de la «gauche» sioniste, était un appel prétentieux sans grand-chose derrière. De plus, les partis de gauche qui appelaient à un cosmopolitisme international étaient en fait très actifs à voler les indigènes palestiniens. La grande majorité des kibboutzim israéliens sont situés sur des terres palestiniennes volées. Le vol des terres palestiniennes est au cœur même de toutes les philosophies sionistes. Je crois que le déni des droits humains les plus fondamentaux par les Israéliens peut s’expliquer par leur propre perception en tant que race élue. Pourquoi est-ce quela Palestinedevrait appartenir aux juifs qui en sont partis il y a deux mille ans, et pas aux Palestiniens qui vivent sur cette terre depuis le début des temps? Probablement parce que les juifs sont choisis, et que leur texte biblique est supérieur à tout autre texte (y compris les documents légaux). Comment pouvez-vous être élu, et être en même temps un humaniste? C’est la question principale qui devrait être posée aux Israéliens. Il paraîtrait que dans le nouveau monde dominé par les «Juifméricains», vous avez le droit de vous considérer comme un humaniste tant que vous avez suffisamment d’armes nucléaires à votre disposition pour soutenir votre image.

10) D’être sûrs qu’Israël est immortel :

En réalité, Israël est déjà une entité presque morte. Le pays est en train d’entrer dans un processus rapide de désintégration dans des secteurs isolés sans but commun collectif. Bientôt, plutôt que plus tard, les secteurs israéliens couramment rejetés comprendront qu’ils ont beaucoup plus de choses en commun avec les Palestiniens qu’avec les zélateurs sionistes. La prétendue «gauche» sioniste réalisera qu’elle a plus de choses en commun avec Nabil Sha’ath et Saëb Erekat qu’elle n’en a avec quelque membre que ce soit du parti Likoud. Les juifs orthodoxes réaliseront qu’ils ont bien plus de choses en commun avec le fondamentalisme islamique qu’avec le front israélien laïque libéral. Les nouveaux émigrants russes n’ont même pas essayé d’intégrer la société hébraïque qui les considère comme inférieurs. Les juifs éthiopiens, qui n’ont même pas le droit de donner leur sang, et la nombreuse main-d’œuvre étrangère bon marché, réaliseront bientôt que la suprématie sioniste est leur plus grand ennemi. Les jours des sionistes sont comptés. Il n’y a pas besoin d’une guerre. Qu’ils se détruisent eux-mêmes en «paix». Dans les nouveaux murs du ghetto qu’ils imposent à eux-mêmes et dont ils s’entourent, ils n’ont pas d’autre option.

Où tout cela nous mène-t-il ?

Il semble que toute forme de communication avec les Israéliens est presque impossible à moins que l’on décide de s’engager dans l’aveuglement israélien. Puisqu’il est clair que les Israéliens sont doués pour l’autodestruction, il ne nous reste qu’à les aider en servant de catalyseur. Une série d’interdictions et de boycotts feraient l’affaire. Nous devons commencer avec des boycotts culturels et économiques. On doit s’assurer que les criminels de guerre sionistes et israéliens sont arrêtés dès qu’ils atterrissent sur le sol du monde libre (en assumant bien sûr qu’une telle chose existe). Si cela ne suffit pas, il faut continuer et interdire aux Israéliens de voyager en Europe à moins qu’ils ne déclarent leur rejet total du sionisme. Ces nations éclairées qui sont assez courageuses pour interdire l’antisémitisme, la propagande néo-nazie et toute autre forme d’activité raciste devraient immédiatement envisager d’ajouter l’activité sioniste à leur liste d’activités interdites.Cela ne prendra pas trop longtemps. Face à un moment de vérité, beaucoup d’Israéliens seront contents de laisser le sionisme derrière eux et de rejoindre la famille des hommes. !

Dossier original sur Mediapart Blogs :

http://blogs.mediapart.fr/blog/fxavier/240912/les-juifs-antisionistes 

Compléments :

Mardi 6 juin 2006

A la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël.

NATHFE – Union des enseignants des Universités de Grande Bretagne

Abderjel REUVEN

Abderjel REUVEN

Je suis Reuven Abarjel. Je suis né au Maroc et je vis en Israël depuis 1950. Dans les années 70 j’ai fondé le mouvement des Panthères noires. Notre lutte conte le régime fit difficile et sans compromis. La violence s’est répandue dans la rue et, pour casser la résistance séfarade, la police a agi de toutes ses forces sur ordre du premier ministre d’alors, Golda Meïr. Dès le début de notre lutte, les Panthères noires ont entamé le dialogue à la fois avec les dirigeants palestiniens aussi bien sur place qu’en Europe. Des délégations de Panthères Noires se sont rendues en Italie, en France, en Belgique, aux Pays Bas. Parallèlement, nous avons rencontré, dans les camps de réfugiés, des familles endeuillées qui avaient perdu leurs enfants dans la lutte contre l’occupation. Juste avant la mort du président Yasser Arafat, j’ai fait partie d’une délégation de militants qui l’a rencontré dans la Muqata assiégée.

Au début de notre lutte j’ai commencé à comprendre que le problème est beaucoup plus complexe que je ne pensais, au point que le citoyen moyen a du mal à trouver des solutions. La confusion est énorme, du fait que le système politique israélien, maintenu par des motivations capitalistes externes, entraîne l’effondrement des Palestiniens et des Séfarades sous le poids de l’oppression et de l’occupation.

Les Séfarades, en Israël, ont subi un processus d’oppression sophistiqué, masqué derrière des slogans tels que « nous sommes tous frères », et « nous sommes tous juifs ». Tandis que l’establishment ashkénaze faisait assaut de solidarité à notre égard, il commettait des crimes contre nous tels que des expérimentations médicales d’irradiation radioactive sur environ 100 000 enfants, la plupart immigrants d’Afrique du Nord, le kidnapping d’enfants de familles nombreuses séfarades et les transférant à des couples juifs sans enfants en Europe, et l’exclusion de juifs séfarades des institutions éducatives d’Israël et des centres d’influence.

Il est du devoir de tout pacifiste dans ce monde, qu’il soit universitaire ou non, de se joindre à la lutte contre des gouvernements racistes qui pratiquent la discrimination à l’égard des minorités et des groupes privés du droit de vote qui font partie de leur population.

Il est du devoir de tout pacifiste d’encourager ces groupes à élever leur voix et à exercer leur influence partout, abandonnés qu’ils sont dans cette région très tendue qui menace la paix mondiale.

J’ai été heureux d’apprendre qu’un groupe important d’universitaires britanniques avait fait un tollé et avait adopté une décision qui comporte trois revendications :

  • (1) La fin de l’occupation,
  • (2) La fin de la discrimination structurelle à l’égard des citoyens palestiniens d’Israël dans le domaine de l’éducation,
  • (3) Que le système universitaire israélien soit le reflet de la majorité des citoyens d’Israël. Cette majorité est séfarade.

Ce sont là quelques unes des revendications du mouvement des Panthères noires que j’avais fondé. Notre lutte était dirigée contre le racisme, la discrimination et l’oppression des populations non européennes d’Israël et des territoires occupés depuis 1967. Aujourd’hui je suis un membre honoraire de la Coalition Démocratique Séfarade. Voilà où nous en sommes, 35 ans plus tard, alors qu’un groupe nombreux d’intellectuels se lève et montre sa capacité à se positionner fermement contre l’hégémonie sioniste politico-universitaire d’Israël et du monde. Leur résistance à cette hégémonie ne dépend pas du bon vouloir du sionisme et de ses adeptes. L’importance du boycott n’est pas tant dans l’acte même du boycott, mais dans la position de résistance contre le monde universitaire israélien et sa collaboration avec l’hégémonie politique israélienne.

Bien que je ne sois pas un universitaire, je signe. Je suis fier des luttes que j’ai menées et que je continue à mener contre une force violente qui ne peut être réduite que par une force supérieure. J’espère que les rangs du boycott vont continuer à grossir jusqu’à la fin de l’occupation et l’abolition du racisme et de la discrimination.

Que la bénédiction vous soit accordée

Reuven Abarjel

 

Le mouvement Israélien Pacifique : « La paix maintenant »

lapaixmaintenantLa Paix maintenant (en hébreu, שלום עכשיו – « Chalom Akhshav ») est un mouvement extra-parlementaire israélien créé en 1978 par 300 officiers de réserve de l’armée israélienne. Indépendant des partis politiques1 mais classé à gauche2, son objectif est « de convaincre l’opinion publique et le gouvernement israélien qu’il est possible et nécessaire d’aboutir par la négociation, d’abord, à une paix juste et durable fondée sur le principe « Deux peuples, deux États » »3, puis, à une réconciliation entre Israël, le futur État Palestinien et les autres pays arabes voisins. Il vise donc à la reconnaissance d’un État palestinien, tout en se revendiquant sioniste.

Historiquement, il s’agit du premier mouvement israélien pour la paix israélo-arabe/palestinienne. Il est aussi le plus grand groupe politique non-parlementaire israélien, et le seul à disposer d’une réelle base politique sur le terrain. Ses rapports sur la colonisation des territoires occupés sont considérés par certains comme étant l’une des sources les plus fiables et les plus respectées sur le sujet4.

Depuis sa création, La paix maintenant se bat pour :

  • que soit reconnu le droit d’Israël à exister dans des frontières sûres
  • qu’Israël reconnaisse ce même droit à ses pays voisins
  • que soit reconnu le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination.

En particulier, depuis les années 1980, le mouvement La Paix Maintenant milite pour la création d’un État palestinien indépendant aux côtés de l’État d’Israël, dans la conviction qu’il s’agit de la seule solution viable au conflit:

  • Israël retournant à ses frontières de 1967
  • l’État palestinien recouvrant pour sa part les territoires occupés par l’Égypte et la Jordanie de 1948 à 1967 puis par Israël depuis la guerre des Six Jours.

 

Théodor Hertzl, n’était pas ce que l’on croit.

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Chrétiens et Juifs authentiques sont « frères d’âme ».

« Malheur aux faux prophètes »

« Rendez à César ce qui appartient à César, et rendez à Dieu ce qui appartient à Dieu »

« Mon royaume n’est pas de ce monde »

« Tu dis que ceux qui ne sont pas avec toi, sont contre toi ! Moi, je dis que tous ceux qui ne sont pas contre moi, sont avec moi !

 

Phi-Europe: A elles seules, ces 4 phrases illustrent toute la différence qu’il peut y avoir entre ceux qui servent honnêtement parole de Dieu, et ceux qui instrumentalisent sa confiance (la « synagogue de satan, dont Paul de Tarse parlait) !

Les Chrétiens partagent le même « corpus spirituel », c’est à dire les mêmes croyances fondamentales, avec le judaïsme traditionnel. Jésus de Nazareth, qu’il soit considéré ou non comme le « messie »,  s’était violemment opposé à la branche sectaire et déviante de la foi hébraïque, qu’il nommait « les Pharisiens ». Cette foi qu’il entendait restaurer dans sa pureté originelle, allant jusqu’à offrir sa vie, tel un dernier et ultime holocauste, (sacrifice rituel), tel un dernier avertissement, et telle enfin une dernière chance de salut offerte à l’humanité, avant que ne survienne la fin des temps !

L’enseignement de Jésus, fut appelé « nouvelle alliance », dans ce sens. Non qu’elle apportât quelque chose de nouveau « en substance », mais comme un rappel de l’ancienne alliance, devant être perçue par l’amour au travers du cœur, et non par le texte au travers des yeux ! Ce rappel à la tradition s’adressait à tous ceux qui, à cette époque, s’étaient égarés dans la voie d’une religion instrumentalisée à des fins égocentriques, sectaires, xénophobes et purement matérielles. C’est pour cela qu’il professait en paraboles, afin que le sens général de son message ne subisse par l’altération des « interprétations » ultérieures, pouvant être dictées par les opportunités ou les intérêts de quelques uns.

Jésus rappelle ainsi que le peuple d’Israël ne fut pas « élu » par Yaweh, en tant que peuple « supérieur », ni même bénéficiant de sa « préférence », mais qu’il fut « désigné » par lui comme son « peuple de prêtres », afin d’universaliser sa parole parmi les hommes. En effet, comment imaginer jouir d’un temple que l’on a pas encore érigé ?

C’est pour cela que ce peuple ne pouvait avoir de « terre », au sens matériel, sans que le messie ne l’y conduise, à la fin des temps, une fois sa mission pleinement accomplie. Un peuple de « missionnaires », ne peut avoir de paroisse fixe, ni s’arroger le droit de « faire se réaliser les prophéties » !

Ces 4 phrases montrent ainsi très clairement, l’opposition fondamentale qui opposait le Christ et les pharisiens du sanhédrin,  lequel entendait s’approprier sectairement et matériellement, l’exclusive de la voix Divine. Il est à noter, par ailleurs, l’étrange similitude, constatable sur le fond, entre les « traders de wall street » et les pharisiens, ainsi qu’entre le Sanhédrin d’alors, avec le « G7 » de notre époque (toute échelle mise à part) !

Pour être tout à fait juste, il convient aussi de souligner que la Chrétienté, possède également sa « synagogue noire », via l’église catholique, qui elle aussi confond royaume spirituel et royaume terrestre ! Confond aussi sa mission spirituelle avec ses biens matériels ! (Exemple récent: le Pape préférant s’adresser aux parlementaires Européens, donc aux « rois de la terre », plutôt que de participer à la messe des 1000 ans de la cathédrale de Strasbourg !)

Enfin, ces phrases très riches en enseignements, nous indiquent très clairement que Dieu, en bon père, ne fait aucune préférence entre ses enfants, que tous les hommes sont frères et égaux, autant en amour qu’en devoirs, et que le prêtre n’est ni un marchand, ni un roi, ni même l’archange chargé de la réalisation des prophéties ! Toute autre considération ne serait ainsi que pur blasphème ou hérésie !

Pour conclure: si le royaume d’Israël est dans les cieux, c’est à dire dans sa mission spirituelle, il ne peut en aucun cas être terrestre et donc « sioniste ». Hertzl n’est pas plus le messie, que Ben Gourion ne le fut, ou Netanyahu ne l’est, c’est à dire capables d’accomplir les prophéties, et de « réécrire le script » du destin humain, privilège exclusif de Dieu !

Au final, Jesus de Nazareth, le « messie ben Joseph », fut la dernière chance de rédemption, avant son retour futur, pour le jugement dernier, en tant que « messie ben David » ! Car il est dit : « Que ceux qui ont des oreilles entendent, et que ceux qui ont des yeux voient » ! Sinon, que ceux qui resteront sourds et aveugles à la dernière chance, offerte avec Amour par Dieu, se préparent alors à subir le « seconde mort », celle dont parle Paul sans sa « lettre à l’église de Smyrne ».

Les athées et les sociopathes détiennent actuellement le pouvoir terrestre, parce qu’ils ne sont pas « freinés » par des considérations morales, spirituelles, et d’amour pour leur prochain. Mais cette « victoire » est éphémère et faite d’apparences. Nul ne peut tromper ni instrumentaliser le très haut, celui qui lit dans les cœurs. L’ère du juste est proche. Préparons nos esprits à sa venue !

 

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Yitzhak Rabin

Phi-Europe, profite de cette page pour rendre un hommage particulier à Yitzhak Rabin, assassiné en Novembre 1995, pour avoir tenté de sauver son peuple, et le sortir de l’impasse dans laquelle il s’était fourvoyé ! Longue est la liste de ceux qui voulurent éclairer Israël, et qui ne furent pas suivis tels Enoch, Moïse, Elie ou Daniel. Longue aussi est la liste de ceux qui tentèrent en vain ou en périrent: Salomon, Jean le Baptiste, Jésus de Nazareth, et Yitzhak Rabin, pour ne citer que les plus connus d’entre eux !

 

 

 

 

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